ACTE II, SCENE Vil
Ma sœur eu vaut la peine; elle est belle, elle est sage.
Ah! monsieur, point du tout.
LE CIIEVALIEB.
Comment donc, point du tout?
Cette grâce, cet air...
LÉANDRE
II n’est point de mon goût.
LE CHEVALIER
Cependant vous l’aimez?
LÉANDRE
Oui , j’aime la musique ;
Mais, si vous voulez bien qu’en ami je m’explique,
Votre air n’a point ce tour tendre , agréable , aisé ;
Et le chant , entre nous , m’en paraît trop usé.
LE CHEVALIER
Et qui vous parle ici de verset de musique?
Cet amaut-là , ma sœur, est tout à fait comique.
LÉANDRE
Vous chantiez à l’instant ; et ne parliez-vous pas De votre air ?
LE CHEVALIER
Non vraiment.
LÉANDRE
J’ai donc tort en ce cas.
Je vous entretenais ici de votre flamme ,
Et voulais pour ma sœur faire expliquer votre âme,
Savoir si vous l’aimez.
LÉANDRE
Si je l’aime, grands dieux !
Ne m’interrogez point, et regardez ses yeux.
LE CHEVALIER
Vous avez le goût bon. Si je n'étais son frère ,
Près d’elle on me verrait pousser bien loin f affaire ;
Mais je suis pris ailleurs. Près d’un objet vainqueur Je fais à petit bruit mon chemin en douceur.
J’ai jusqu’ici conduit mon affaire en silence ;
J’abhorre le fracas, le bruit, la turbulence ;
El je vais pour chercher cet objet de mes leux.
LE DISTRAIT