‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 154 sur 434 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

CARLIN

Vous m’avez commandé de même d’acliefer De bon tabac d’Espagne ; en voilà pour goûter.

LÉANnRE prend le papier où est le tabac.

Voyons.

C’est du meilleur qu’on puisse jamais prendre , Dont on frauda les droits en revenant de Flandre.

LÉANDRE jeltc la montre, croyant Jeter le tabac. Quel horrible tabac ! tu veux m’empoisonner.

CARLIN

La montre ! ah ! voilà bien pour la faire sonner ! Quelle distraction , monsieur, est donc la vôtre?

( LÉANDRE

Oh ! je n’y pensais pas ; j’ai jeté l’un pour l’autre.

CARLIN

Ne vous voilà pas mal ! La montre cette fois Va revoir l’horloger tout au moins pour six mois.

LÉANDRE

Cours à l’appartement de l’aimable Clarice ;

Sache si pour la voir le moment est propice; Peins-lui bien mon amour, et quel est mon chagrin D’avoir manqué tantôt à lui donner la main.

Va vite, cours, reviens.

CARLIN , mettant la montre à son oreille.

La montre est tout en pièces.

Vous devriez , monsieur, exercer vos largesses,

Et m’en faire présent...

LÉANDRE

Va donc, ne tarde pas.

Je t’attends.

CARLIN

J’obéis , et reviens sur mes pas.

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