‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 165 sur 434 · LE CHEVALIER, CLARICE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, CLARICE

LE CHEVALIER

Veux-tu que sur ce point je m’explique en bon hère?

Tu sais bien qu’entre nous nous parlons assez net.

Un hymen , quel qu’il soit, n’est point du tout ton fait. Te voilà faite au tour , nul soin ne te travaille;

Et le premier enfant te gâterait la taille.

Crois-moi , le mariage est un triste métier.

Mon frère , cependant tu veux te marier.

LE CHEVALIER

Le devoir d’une femme engage à mille choses ;

On trouve mainte épiue où l’on cherclait ues roses :

LE DISTRAIT

Le plaisir de l’hymen est terrestre et grossier.

CLARICE

Mon frère , cependant tu veux te marier.

LE CHEVALIER

Parlons à cœur ouvert, et confessons la dette.

Je suis un peu coquet , tu n'es pas mal coquette :

Notre mère l’était , dit-on , en son vivant ;

Nous chassons tous de race , et le mal n’est pas grand.

Si quelque amant venait frapper ta fantaisie ,

Tu pourrais avec lui faire quelque folie.

CLAHICE.

Mon frère, cependant...

LE CHEVALIER

Tu vas te récrier :

Mon frère , cependant tu veux te marier.

Que diable ! tu réponds toujours la même prose.

CLARICE

Mais tu me dis aussi toujours la même chose.

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