LE CHEVALIER, ISABELLE, LISETTE
LE CHEVALIER, à Isabelle.
Eh bien ! la mère encor fait-elle le lutin?
Pourrons-nou9 nous soustraire à sou brusque chagrin ? ISABELLE.
Vous savez son humeur. Ah i juste ciel ! je tremble ;
Elle peut revenir et nous trouver ensemble.
LE CHEVALIER
Que ce soin ne vous fasse aucune impression :
Je vous prends en ces lieux sous ma protection.
N’ êtes-vous pas ma femme? Et, pour hâter les choses. J’ai dressé le contrat moi-même avec les clauses.
Dont mon oncle est porteur.
LISETTE
Tout est bien avancé.
Puisque déjà par vous le contrat est dressé ;
Et l'aveu de la mère est une bagatelle.
ISABELLE
Nous aurons de la peine à venir à bout d’elle.
LE CHEVALIER
Avant d’accorder tout à mon juste transport.
Je veux sur son esprit faire un dernier effort,
Me jeter à ses pieds , lui dire mes alarmes ,
Crier, gémir, pleurer ; car j’ai le don des larmes.
Lisette m’appuiera. Malgré son noir chagrin ,
Nous la flatterons tant , qu’il faudra bien enfin Qu’elle me cède un bien dont mon amour est digne.
LISETTE
Bon ! bon ! plus on la flatte , et plus elle égratigne ;
C’est un esprit rétif, et qu’on ne réduit pas.
Mais je vois votre soeur tourner ici ses pas.