‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 194 sur 434 · MERLIN , LISETTE · texte numérisé non relu

MERLIN , LISETTE

MERLIN

Bonjour , ma chère enfant. Qui est cette vieille madame avec qui tu étais en conversation ?

LISETTE

Quoi ! tu ne connais pas madame Bertrand, la tante de ma maîtresse ?

LE RETOUR IMPRÉVU

MERLIN

SI fait vraiment , je ne connais autre; je ne l’avais pas bien envisagée.

C’est une femme fort à son aise , qui a de bonnes rentes sur la ville, des maisons à Paris. Lucile est fort bien apparentée, au moins.

MERLIN

Oui, mais elle n’en est pas plus riche.

LISETTE

Il ne faut désespérer de rien; cela peut venir. S’il lui mourait trois oncles , deux tantes , trois couples de cousins germains, deux paires de neveux et autant de nièces, elle se trouverait une fort grosse héritière.

MERLIN

Comment diable ! Mais sais-tu bien qn’en temps de peste , cette fille-là pourrait devenir un très-gros parti?

LISETTE

Le parti n’est pas mauvais dès à présent ; et la beauté...

MERLIN

Tu as raison, sa beauté tient lieu de tout, et mon maître est absolument déterminé à l’épouser.

LISETTE

Et elle, absolument déterminée à épouser ton maître.

MERLIN

II y aura peut-être quelque tribulation à essuyer au retour de notre bonhomme de père : mais il ne reviendra pas sitôt, nous aurons le temps de nous préparer; et mon maitre ne sera pas malheureux, s’il n’a que ce chagrin-là de son mariage.

LISETTE

Comment donc? que veux-tu dire ?

Le mariage est sujet à de grandes révolutions.

• LISETTE

Ah ! ah ! tu es encore un plaisant visage , de croire que Clitandre puisse jamais se repentir d’avoir épousé Lucile, une fille que j’ai élevée !

MERLIN

Tant pis.

LISETTE

Une fille belle , jeune , et bien faite !

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