‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 197 sur 434 · CLITANDRE, MERLIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, MERLIN

MERLIN

Eh bien] monsieur, vous allez donc épouser? Vous voici, grâce au ciel, bientôt à la conclusion de votre amour, et à la fin de votre argent. C’est vraiment bien fait, de terminer ainsi toutes ses affaires. Mais, s’il vous plaît, qu’allons-nous faire en attendant le retour de monsieur votre père, qui est en Espagne depuis un an pour les affaires de son commerce : et que ferons-nous quand il sera revenu?

CLITANDRE

Que tu es impertinent avec tes réflexions! Hé! mon ami, jouissons du présent ; n’ayons point de regret au passé , et ne lisons point des choses fâcheuses dans l’avenir. N’as-tu pas reçu de l’argent pour moi ces jours passés?

MERLIN

Il n’y a que trois semaines que j’ai touché une demi-année d’avance de ce fermier à qui vous avez donné quittance de l’année entière.

CLITANDRE

Bon.

MERLIN

J’ai reçu, l’autre semaine, dix-huit cents livres de ce curieux , pour ces deux grands tableaux dont votre père avait refusé deux mille écus quelque temps avant que de partir.

CLITANDRE

Bon.

MERLIN

Bon ? J’ai encore eu deux cents louis d’or de ce fripier.

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