LE MARQUIS, CLITANDRE, LUCILE, CIDALISE
LISETTE
LE MARQUIS
Serviteur , mon ami. Ah ! mesdames , je suis ravi de vous voir. Vous m’attende/., c’est bien fait ; je suis l’âme de vos parties , j’en conviens ; le premier mobile de vos plaisirs , je le sais. Où en sommes-nous? Le souper est-il prêt? Épouserons-nous? Aurons-nous du vin abondamment? Allons, de la gaieté; je ne me suis jamais senti de si belle humeur, et je vous défie de m’ennuyer.
CIDALISE
En vérité , monsieur le marquis , vous vous ôtes bien fait attendre.
LISETTE
Cela serait beau , qu’un marquis fût le premier au rendezvous ! On croirait qu’il n’aurait rien à faire.
LE MARQUIS
Je vous assure, mesdames, qu’à moins de voler, on ne peut pas faire plus de diligence : il n’y a pas, en vérité, trois quarts d’heure que je suis parti de Versailles. Vous connaissez ce cheval barbe et cette jument arabe que je mets ordinairement à ma chaise; il n’y a pas deux meilleurs animaux pour un rendez-vous de vitesse.
CLITAMDRE , au marquis.
Quelle affaire si pressée...
LE MARQUIS
Et un postillon... un postillon qui 11’est pas plus gros que le poing, et qui va comme le vent. Si nous n’avions pas , nous autres, de ces voitures volantes-là, nous manquerions la , moitié de nos occasions.