ACTE I, SCÈNE V
LISETTE
Pour moi, grâce aux effets de la bonté céleste ,
J’ai , jusqu’à présent , eu de la vertu de reste ;
Mais si j’avais amant ou mari de ce goût ,
Ils en auraient , parbleu , sur la tête et partout.
Si vous me choisissez pour prendre cette peine ,
Je vous le dis tout net, votre espérance est vaine.
Je ne veux point tremper dans vos lâches desseins :
Le cas est trop vilain , je m’en lave les mains»
ALBERT
Sais-tu qu’après avoir employé la prière ,
Je saurai contre toi prendre un parti contraire ?
LISETTE
Pestez , jurez , criez, mettez-vous en courroux ,
Vous m’entendrez toujours vous dire qu’un jaloux Est un objet affreux à qui l’on fait la guerre,
Qu’on voudrait de bon cœur voir à cent pieds sous' terre; Qu’il n’est rien plus hideux ; que Satan, Lucifer,
Et tant d’autres messieurs habitants de l’enfer,
Sont des objets plus beaux , plus charmants , plus aimables , Des bourreaux moins cruels et moins insupportables .
Que certains jaloux, tels qu’on en voit en ce lien.
Vous m’entendez. J’ai dit. Je me retire. Adieu