‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 231 sur 434 · ALBERT, CRISPIN · texte numérisé non relu

ALBERT, CRISPIN

cniSPIï», à part.

Mon maître, qui m’attend au cabaret prochain,

M’envoie ici devant pour sonder le terrain.

St

«2 LES FOLIES AMOUREUSES

Voila, je crois, notre homme; il faut teindre de sorte...

ALBERT

Que faites- vous ici seul , et devant ma porte?

CRISPIN

bonjour, monsieur.

ALBERT

Bonjour.

CRISPIN

Vous portez-vous bien ?

Oui.

CRISPIN

En vérité, j’en ai le coeur bien réjoui.

ALBERT

Content, ou non content, qHel sujet vous attire? Et quel homme êtes- vous ?

CRISPIN

J'aurais peine à le dire.

J’ai fait tant de métiers , d’après le naturel ,

Que je puis m’appeler un homme universel.

J’ai couru l’univers ; le monde est ma patrie :

Faute de revenu , je vis de l’industrie ,

Comme bien d’autres font ; selon l’occasion , Quelquefois honnête homme, et quelquefois fripon. J’ai servi volontaire un an dans la marine;

Et , me sentant le cœur enclin à la rapine ,

Après avoir été dix-huit mois flibustier.

Un mien parent me fit apprenti maltôtier.

J’ai porté le mousquet en Flandre , en Allemagne ; FA j’étais miqudet dans les guerres d’Espagne.

ALBERT

Voilà bien des métiers !

(à pari.)

Du bas jusqncs en haut , Cet homme me paraît avoir l’air d’un maraud, (haut.)

Que faites-vous ici ? Parlez.

CRISPIN

Je me retire.

ALBERT

Non , non ; il faut parler.

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