SCENE XI
ALBERT, ÉRASTE, CRISPIN
ALBERT , à Éraste.
Ah ! monsieur , excusez l’ennui qui me possède.
Je reviens sur mes pas pour chercher du remède. Cet homme est à vous ?
ÉRASTE
Oui.
ALBERT
De grâce , ordonnez-lui Qu’il veuille à mon secours s’employer aujourd’hui.
ÉRASTE
Et que peut-il pour vous? Parlez.
ALBERT
De sa science
Il a daigné tantôt me faire confidence :
Il a mille secrets pour guérir bien des maux ; Peut-Être en a-t-il un pour les faibles cerveaux.
CRISPIN
Oui , oui , j’en ai plus d’un , dont l’effet salutaire... Mais vous m’avez tantôt traité d’une manière...
ALBERT, à Crispin.
Ah ! monsieur !
CRISPIN
Refuser , lorsqu’on vous en priait , De dire le chemin , et l’heure qu’il était!
ALBERT
Pardonnez mon erreur.
CR18PIN
En nul lieu , de ma vie.
On ne me fit tel tour , pas même en Barbarie.
ALBERT
Pourrez- vous, sans pitié, voir éteindre les jours D’un objet si charmant sans lui donner secours? (à Éraste.)
Monsieur , parlez pour moi.
LES FOLIES AMOUREUSES
ÉRASTE
Crispin, je t’en conjure,
Tâche à guérir le mal que celte belle endure.
J’immole encor pour vous tout mon ressentiment.
(à Albert.)
Oui , je veux la guérir , et radicalement.
ALBERT
Quoi! vous pourriez...
CRISPIN
Rentrez. Je vais voir dans mon livre Le remède qu’il est plus à propos de suivre...
Vous me verrez tantôt dans l’opération.
ALBERT
Je ne puis exprimer mon obligation ;
Mais aussi soyez sûr que mon bien et ma vie...
CRISPIN
Allez , je ne veux rien qu’elle ne soit guérie.