G É HONTE, LE LAQUAIS, ÉRASTE, LISETTE
CÉRONTE.
Ma colique m’a pris assez mal à propos;
Je n’ai senti jamais à la fois tant de maux.
N’ont-elles point été justement irritées De ce que je les ai si brusquement quittées?
ÉRASTE
On sait que d’un malade on doit excuser tout.
LISETTE
Monsieur a fait pour vous les honneurs jusqu’au bout. Je dirai cependant qu’en entrant en matière ,
Vous n’avez pas là fait un beau préliminaire.
ÉRASTE
Mon oncle fera mieux une seconde fois :
Suffit qu’en épousant il ait fait un bon choix.
CÉRONTE.
Il est vrai. Cependant j’ai quelque répugnance De songer, à mon âge , à faire une atlianco :
Mais, puisque j’ai promis...
LISETTE
Ne vous contraignez point ; On n’est pas aujourd’hui scrupuleux sur ce point. Monsieur acquittera la parole donnée.
Le sort en est jeté, suivons ma destinée.
Je voudrais inventer quelque petit cadeau Qui coûtât peu d’argent, et qui parût nouveau.
ÉBASTE.
Reposez-vous sur moi des soins de cette fête,
Des habits, du repas qu’il faut que l'on apprête : J’ordonne sur ce point bien mieux qu’un médecin.
CÉRONTE.
Ne va pas m’embarquer dans un si grand festin.
LISETTE
Il faut que l’abondance, avec soin répandue,
Puisse nous racquitter de votre jriste vue :
LE LEGATAIRE UNIVERSEL.
Il Tant entendre aussi ronfler les violons;
Et je veux avec vous danser les cotillons.
CÉRONTE.
Je valais , dans.mon temps , mon prix tout comme un autre.
LISETTE, à part.
Cela fait que bien peu vous valez dans le nôtre.