SCÈNE VIII
CRISPIN, LISETTE
LISETTE
Ali ! te voilà , Crispin ! et d’où diantre viens-tu ?
CRISPIN
Ma foijqpourte servir j’ai diablement couru ;
Ces notaires sont gens d’approche difficile.
L’un n’était pas chez lui , l’autre était par la ville.
Je les ai déterrés où l’on m’avait instruit,
Dans un jardin, à table, en un petit réduit,
Avec dames qui m’ont paru de bonne mine.
Je crois qu’ils passaient là quelque acte à la sourdine. Mais dans une heure au plus ils seront ici.
LISETTE
Bon.
382 LE LEGATAIRE UMVERSEL.
Sais-tu pourquoi Géronte ici les mandait?
CRISP1N
Non.
Pour faire son contrat de mariage.
cmspiN.
Oli! diable!
A son âge, il voudrait nous faire un tour semblable!
LISETTE
Pour Isabelle , un trait décoché par l’Amour Avait , ma foi , percé son pauvre cœur à jour ;
Et, frustrant des neveux l’espérance uniforme, Lui-même il voulait faire un héritier en forme :
Mais le ciel, par bonheur, eu ordonne autrement;
41 pense maintenant à faire un testament,
Où ton maître sera nommé son légataire.
CBISP1N.
Pour lui, comme pour nous, il ne pouvait mieux faire. La nouvelle est trop bonne; il faut qu’en sa faveur Je l’embrasse et rembrassc , et, ma foi , de bon cœur; Et qu’un épanchement de joie et de tendresse ,
En te congratulant... L’amour qui m’intéresse...
La nouvelle est charmante, et vaut seule un trésor.
11 faut , ma chère enfant, que je t'embrasse encor.
LISETTE
Dans tes emportements sois sage et plus modeste.