‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 363 sur 434 · C.ÉRONTE · texte numérisé non relu

C.ÉRONTE

Par ma foi, s’il en tient, il lui fait peu d’honneur.

Ab ! le vilain parent!

LISETTE

Et vous auriez le cœur De laisser votre bien , une si belle somme,

Vingt mille écus comptant , à ce beau gentilhomme? GÉRONTE.

Moi! lui laisser mon bien! J’aimerais mieux cent fois L’enterrer pour jamais-

LISETTE

Ma foi , je m’aperçois

Que monsieur le neveu , si j’en crois mon présage , N’aura pas trop gagné d’avoir fait son voyage ,

Et que le |>auvre diable, arrivé d’aujourd’hui ,

Aurait aussi bien fait de demeurer chez lui.

CÉRONTE.

Si c’est sur mon bien seul qu’il fonde sa cuisine,

Je l’assure déjà qu’il mourra de famine,

Et qu’il n’aura pas lieu de rire à mes dépens.

LISETTE

C’est fort bien fait : il faut apprendre à vivre aux gens. Voilà comme sont faits tous ces neveux avides,

Qui ne peuvent cacher leurs naturels perfides :

Quand ils n’assomment pas un oncle assez âgé,

Ils prétendent encor qu’il leur est obligé.

Mais Éraste revient, et nous allons apprendre Comment tout s’est passé-

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