ACTE V, SCÈNE VII
« Qu’il rend à mon neveu dans divers exercices ,
« Et qu’il peut bien encor lui rendre à l'avenir.*. »
GÉRONTE
Où donc ce beau discours doit-il enfin venir ?
Voyons.
M. SCRUPULE, lisant.
« Quinze cents francs de rentes viagères ,
« Pour avoir souvenir de moi dans ses prières. »
CRIBP1N, se prosternant aux pieds de Géronte. Oui, je vous le promets , monsieur, à deux genoux, Jusqu’au dernier soupir je prierai Dieu pour vous. Voilà ce qui s’appelle un vraiment honnête homme r Si généreusement me laisser cette somme !
GÉRONTE
Non ferai-je, parbleu! Que veut dire ceci?
(au notaire.)
Monsieur, de tous ces legs je veux être éclairci.
M. SCRUPULE
Quel éclaircissement voulez-vous qu’on vous donne ? Et je n’écris jamais que ce que l’on m’ordonne.
GÉRONTE
Quoi! moi, j’aurais légué, sans aucune raison, Quinze cents francs de rente à ce mattre fripon , Qu’Éraste aurait chassé s’il m’avait voulu croire?
CR1SPIN, toujours à genoux.
Ne vous repentez pas d’une œuvre méritoire.
Voulez- vous , démentant un généreux effort,
Être avaricieux même après votre mort?
GÉRONTE
Ne m’a-l-on point volé mes billets dans mes poches ? Je tremble du malheur dont je sens les approches;
Je n’ose me fouiller.
ÉRASTE , à part.
Quel funeste embarras !
(haut à Géronte. )
Vous les cherchez en vain , vous ne les avez pas.
CÉnONTE , à Ér.ntc.
Où sont-ils donc? Réponds.
ÉRASTE
Tantôt, pour Isabelle,
Je les ai , par votre ordre exprès, portés chez elle.