ACTE II, SCÈNE II
ANGÉLIQUE
Ne crains rien de mon cœur.
S’il venait à l’instant , Avec cet air flatteur, soumis , insinuant ,
Que vous lui connaissez ; que , d’un ton pathétique ,
( Elle se met à scs pieds. )
Il vous dit à vos pieds : « Non, charmante Angélique,
« Je ne veux opposer à tout votre courroux « Qu’un seul mot : Je vous aime , et je n’aime que vous. « Votre âme en ma faveur n’est-elle point émue ?
« Vous ne me dites rien ! vous détournez la vue !
(Elle sc relève. )
« Vous voulez donc ma mort? il faut vous contenter. « Peut-être en ce moment, pour vous épouvanter,
Il se soufflettera d’une main mutinée.
Se donnera du front contre une cheminée ,
S’arrachera, de rage, un toupet de cheveux Qui ne sont pas à lui. Mais de ces airs fougueux Ne vous étonnez pas ; comptez qu’en sa colère Il ne se fera pas grand mal.
ANGÉLIQUE
Laisse-moi faire.
NÉRINE
Vous voilà , grâce au ciel , bien instruite sur tout ;
Ne veus démentez point, tenez bon jusqu’au bout.