ACTE 111, SCÈNE IV
« Ou quidams, dont les noms, qualités et métiers « Sont déduits ’ plus au long avecque les parties,
■< Ès assignations dont je tiens les copies,
» Dont tous lesdits quidams, ou du moins peu s’en faut, « Ont obtenu déjà sentence par défaut ,
« La somme de dix mille une livre , une obole ,
« Pour l’avoir, sans relâche, un an, sur sa parole,
« Habillé , voituré , coiffé , chaussé , ganté ,
« Alimenté, rasé, désaltéré, porté. »
CÉRONTE , faisant sauter les papiers que ticDt Hector.
Désaltéré, porté ! Que le diable t’emporte ,
Et ton maudit mémoire écrit de telle sorte.
HECTOR , après avoir ramassé les papiers.
Si vous ne m’en croyez , demain , pour tous trouver. J’enverrai les quidams tous à votre lever.
La belle cour !
HECTOR
« De plus, à Margot de la Plante,
« Personne de ses droits usante et jouissante ,
« Est dû loyalement deux cent cinquante écus,
« Pour ses appointements de deux quartiers échus. »
CÉRONTE.
Quelle est cette Margot?
HECTOR
Monsieur... c’est une hile...
Chez laquelle mon maître... Elle est vraiment gentille.
CÉRONTE.
Deux cent cinquante écus !
HECTOR
Ce n’est, ma foi , pas cher.
Demandez ■, c’est , monsieur, un prix fait en hiver.
CÉRONTE.
Et tu prétends, bourreau...
HECTOR , tournant le rùle.
Monsieur, point d’invectives.
Voici le contenu de nos dettes actives :
Et vous allez bien voir que le compte suivant,
Payé fidèlement , se monte à presque autant.
1 lians les éditions modernes , on Ut décrits
LE JOUEUR
CÉRONTE.
Voyons.
HECTOR
•< Premièrement , isaacde la Serre... »
11 est connu de vous.
CÉRONTE.
Et de toute la terre :
C’est ce négociant, ce banquier si fameux.
HECTOR
Nous ne vous donnons pas de ces effets véreux ; Cela sent comme baume. Or donc ce de la Serre , Si bien connu de vous et de toute la terre,
Ne nous doit rien.
CÉRONTE.
Comment !
Mais un de ses parents, Mort aux champs de Fleurus , nous doit dix mille francs.
CÉRONTE.
Voilà certainement un effet fort bizarre !
HECTOR
Oli ! s'il n’était pas mort, c’était de l’or en barre.
« Plus, à mon maître est dû, du chevalier Fijac,
« Les droits hypothéqués sur un tour de trictrac. «
CÉRONTE.
Que dis-tu?
HECTOR
La partie est de deux cents pistoles ; C’est une dupe ; il fait en un tour vingt écoles :
Il ne laut plus qu’un coup.
CÉRONTE, lui donnant un soufflet.
Tiens , maraud , le voilà , Pour m’offrir un mémoire égal à celui-là.
Va porter cet argent à celui qui t’envoie.
HECTOR
Il ne voudra jamais prendre cette monnoie.
CÉRONTE.
Impertinent maraud! va, je t’apprendrai bien Avecque ton trictrac...
HECTOR
11 a dix trous à rien.