‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 73 sur 434 · ACTE 111, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE IV

« Ou quidams, dont les noms, qualités et métiers « Sont déduits ’ plus au long avecque les parties,

■< Ès assignations dont je tiens les copies,

» Dont tous lesdits quidams, ou du moins peu s’en faut, « Ont obtenu déjà sentence par défaut ,

« La somme de dix mille une livre , une obole ,

« Pour l’avoir, sans relâche, un an, sur sa parole,

« Habillé , voituré , coiffé , chaussé , ganté ,

« Alimenté, rasé, désaltéré, porté. »

CÉRONTE , faisant sauter les papiers que ticDt Hector.

Désaltéré, porté ! Que le diable t’emporte ,

Et ton maudit mémoire écrit de telle sorte.

HECTOR , après avoir ramassé les papiers.

Si vous ne m’en croyez , demain , pour tous trouver. J’enverrai les quidams tous à votre lever.

La belle cour !

HECTOR

« De plus, à Margot de la Plante,

« Personne de ses droits usante et jouissante ,

« Est dû loyalement deux cent cinquante écus,

« Pour ses appointements de deux quartiers échus. »

CÉRONTE.

Quelle est cette Margot?

HECTOR

Monsieur... c’est une hile...

Chez laquelle mon maître... Elle est vraiment gentille.

CÉRONTE.

Deux cent cinquante écus !

HECTOR

Ce n’est, ma foi , pas cher.

Demandez ■, c’est , monsieur, un prix fait en hiver.

CÉRONTE.

Et tu prétends, bourreau...

HECTOR , tournant le rùle.

Monsieur, point d’invectives.

Voici le contenu de nos dettes actives :

Et vous allez bien voir que le compte suivant,

Payé fidèlement , se monte à presque autant.

1 lians les éditions modernes , on Ut décrits

LE JOUEUR

CÉRONTE.

Voyons.

HECTOR

•< Premièrement , isaacde la Serre... »

11 est connu de vous.

CÉRONTE.

Et de toute la terre :

C’est ce négociant, ce banquier si fameux.

HECTOR

Nous ne vous donnons pas de ces effets véreux ; Cela sent comme baume. Or donc ce de la Serre , Si bien connu de vous et de toute la terre,

Ne nous doit rien.

CÉRONTE.

Comment !

Mais un de ses parents, Mort aux champs de Fleurus , nous doit dix mille francs.

CÉRONTE.

Voilà certainement un effet fort bizarre !

HECTOR

Oli ! s'il n’était pas mort, c’était de l’or en barre.

« Plus, à mon maître est dû, du chevalier Fijac,

« Les droits hypothéqués sur un tour de trictrac. «

CÉRONTE.

Que dis-tu?

HECTOR

La partie est de deux cents pistoles ; C’est une dupe ; il fait en un tour vingt écoles :

Il ne laut plus qu’un coup.

CÉRONTE, lui donnant un soufflet.

Tiens , maraud , le voilà , Pour m’offrir un mémoire égal à celui-là.

Va porter cet argent à celui qui t’envoie.

HECTOR

Il ne voudra jamais prendre cette monnoie.

CÉRONTE.

Impertinent maraud! va, je t’apprendrai bien Avecque ton trictrac...

HECTOR

11 a dix trous à rien.

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