‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 91 sur 434 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

Qui , île livres de droit toujours débarrassé ,

Porte cuisine en poche , et poivre concasse.

LA COMTESSE

Non, marquis , c’est Dorante; et j’ai su m’en défaire. le marquis.

Quoi ! Dorante ! cet homme à maintien débonnaire ,

Ce croquant , qu’à l’instant je viens de voir sortir?

LA COMTESSE

C’est lui-même.

LE MARQUIS

Eli ! parbleu, vous deviez m’avertir ;

Noos nous serions parlé sans sortir de la salle.

Je ne suis pas méchant : mais, sans bruit, sans scandale , Sans lui donner le temps seulement de crier,

Pour lui votre fenêtre eût servi d’escalier.

«J# LA COMTESSE

Vous êtes turbulent. Si vous étiez plus sage ,

Ou pourrait...

LE MARQUIS

La sagesse est tout mon apanage.

LA COMTESSE

Quoiqu’un engagement m’ait toujours fait horreur,

On aurait avec vous quelque affaire de cœur.

LE MARQUIS

Ali! parbleu , volontiers. Vous me chatouillez l’àiuc. l’ar affaire de cœur qu’entendez-vous, madame?

LA COMTESSE

Ce que vous entendez vous-même assurément.

LE MARQUIS

Est-ce pour mariage, ou bien pour autrement?

LA COMTESSE

Quoi! vous prétendriez, si j’avais la faiblesse...

1 Dans les éditions faites après la mort de l’auteur, au lieu de «e vers et des suivants, jusqu’à notaire, on lit :

Ce que vous entendez vous-même; el je prétends Qu’un hymen bien «relié...

LK MARQUIS

CVst comme je l'entend» ,

El ce n'est qu’en époux que je pré ternis vous plaire.

LA COM T ESiU. t

ic ne donne mon Cicur que par-devant notaire.

Je veux, etc.

lot

LE JOUEUR

LE MARQUIS

Ah ! ma foi ! l’on n’a plus tant de délicatesse ;

On s’aime pour s’aimer tout autant que l’on peut;

Le mariage suit , et vient après , s’il veut.

LA COMTESSE

Je prétends que l’hymen soit le but de l’alïaire ,

Et ne donne mon cœur que par-devant notaire.

Je veux un bon contrat sur de bon parchemin ,

Et non pas un hymen qu’on rompt le lendemain.

Vous aimez chastement, je vous en félicite ,

Et je me donne à vous avec tout mon mérite, Quoique cent fois le jour on me mette à la main Des partis à fixer un empereur romain.

, LA COMTESSE

Je crois que nos deux cœurs seront toujours fidèles.

LE MARQUIS

Oh ! parbleu, nous vivrons comme deux tourterelles. Pour vous porter, madame , un cœur tout dégage ,

Je vais dans ce moment signifier congé A des beautés sans nombre à qui mon cœur renonce ; Et vous aurez dans peu ma dernière réponse.

LA COMTESSE

Adieu. Fasse le ciel , marquis , que dans ce jour Un hymen soit le sceau d’un si parfait amour !

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