SCÈNE XIII
VALÈRE, HECTOR
HECTOR
Le voici. Ses malheurs sur son front sont écrits :
Il a tout le visage et l’air d’un premier pris.
Non , l’enfer en courroux et toutes ses furies N’ont jamais exercé de telles barbaries.
Je te loue , 6 destin, de tes coups redoublés!
Je n’ai plus rien à perdre, et tes vœux sont comblés. Pour assouvir encor la fureur qui t’anime,
Tu ne peux rien sur moi : cherche une autre victime.
HECTOR , à part.
il est sec.
VALÈRE
De serpents mon cœur est dévoré ;
Tout semble en un moment contre moi conjuré.
( 11 prend Hector à la cravate. )
Parle. As-tu jamais vu le sort et son caprice Accabler un mortel avec plus d’injustice,
Le mieux assassiner ? Perdre tous les partis ' ,
Vingt fois le coupe-gorge, et toujours premier pris ? Réponds-moi donc, bourreau.
HECTOR
Mais ce n’est pas ma faute.
VALÈRE
As-tu vu de tes jours trahison aussi liante ?
Sort cruel , ta malice a bien su triompher ;
Et tu ne me flattais que pour mieux m’étouffer.
Dans l’état où je suis, je puis tout entreprendre;
Confus , désespéré , je suis prêt à me pendre.
nECTOR.
Heureusement pour vous, vous n’avez pas un sou Dont vous puissiez, monsieur, acheter un licou. Voudriez- vous souper ?
* Cette leçon est conforme A l'édition originale , ù celle de ms et ‘ celle de »7»o. Dans toutes les éditions modernes on lit paris ; mais c’est une faute. On peut voir le Dictionnaire de l’ Académie , au mot Parti.