ACTE II> SCÈNE I
CARLIN
' Cela n'est pas croyable.
Je le vois pour Clarice amoureux comme un diable , C'est-à-dire beaucoup; mais comme il est distrait, Son esprit se promène enoor sur quelque objet. Le dédit que son onde a §ùt pour Isabelle Partage son amour , et le tient en cervelle. Je sais que ta maltresse a de naissants appas, Et surtout de grands biens, que Clarice n'a pas; Mais mon maître est fidèle, et son âme est pétrie De la plus fine fleur de la galanterie : ^
Il ne ressemble pas à quantité d'amants ; C'est un homme , morbleu » tout plein de sentiments.
LISETTE
Mais s'il aime Clarice ensemble et ma maîtresse , Que pois^je foire , moi , pour servir sa tendresse? Les épou9era-t-il toutes deux f
CARLIN
Pourquoi non?
Il le fera fort bien» dans sa distraction. C'est un homme étonnant et rare en son espèce : 11 rêve fort à rien , il s'égare sans cesse ; 11 cherche ) 11 trouve , il brouille , il regarde sans voir ; Quand on lui parle blanc , soudain il répond noir ; Il vous dit non pour oui^ pour oui non ; il appelle Une femme monsieur ; et moi , mademoiselle; Prend souvent l'un pour fautre; il va sans savoir où. On dit qu'il est distrait ; mais moi , je le tiens fou : D^aiUeurs fort honnête homme , à ses devoirs austère , Exact et bon imi , généreux , doux , sincère , Aimant , comme j'ai dit , sa maîtresse en héros. tl est et sage et fou ; voHà Thomme en deux mots.
LISETTE
Si Léandre ressent une tendresse extrême
Pour Clarice, Isabelle est prise ailleurs de même ,
El pour le chevalier son cœur s'est découvert.
• CÂBLIN.
faut mieux. Il nous faudra travailler de concert Pour détourner le coup de ce dédit funeste ; Et l'amour avec nous achèvera le reste.
LISBTTE.
De tes soiDS empressés nous attendrons l'effet.