SCÈNE V
CARLiN,LÉANDRE.
! GARLIN
Je ne trouve, monsieur, ni les gants ni l'épée.
LÉ.iNDRB.
Tu ne les trouves point ! Voilà comme tu fais ! Ce qu'on te volt chercher ne se trouve jamais. Je te dis qu'à l'instant ils étaient sur ma table.
CARUN.
Mais j'ai cherché partout , ou je me donne au diable. Il faut donc qu'un lutin soit venu les cacher.
(Il s'aperçoit que Léandre a son épée et ses gants.)
Ah ! ah ! le tour est bon , et j'avais beau chercher. )ormez-vou8? veillez- vous?
LÉANDRE
Quoi! que veux-tu donc dire ?
CARUN.
Fi donc 1 arrêtez-vous , monsieur; vonle^vous rire?
(à part.) 11 en tient un peu là. Sa présence d'esprit A chaque instant du jour me charme et me ravit.
lU LE DISTRAIT.
LÉANDRB.
Mais dis-moi donc, maraud...
CARLIN
Ah I la belle équipée t Hé ! sont-ce là yos gants ? est-ce là votre épée ?
Ah! ah!
CARLIN
Ah! ah!
LÉANDRE
Je réve , et j'ai certain ennui. . .
CARLIN y à part.
Ce ne sera pas là le dernier d'aujourd'hui.
LÉANDRE
Tout autre objet, Carlin, met mon coeur au supplice. Je yeux bien l'avouer, je n'aime que Clarice. Ma famille prétend , attendu mes besoins. Que j'épouse Isabelle , et je feins quelques soins. Son bien me remettrait eu fort bonne 6gure; Mais je brûle , Carlin , d'une flamme trop pure. Biens , fortune , intérêts , gloire , sceptre , grandeur, Rien ne saurait bannir Clarice de mon cœur ; Je ressens de la voir la plus ardente envie... Quelle heure est-il ?
CARLIN
Il est six heures et demie.
LÉANDRE
Fort bien. Qui te l'a dit?
CARUN.
Comment , qui me l'a dit ?
Palsamblen , c'est l'horloge.
( à part. )
11 perd , ma foi , l'esprit.
LÉANDBE,riaDt.
Mais connais-tu comment la chose est avenue, Et par quel accident ma botte s'est perdue? Je l'avais ce matin en montant à cheval.
CARLIN
Riez , c'est fort bien fait , le trait est sans égal. Mais , à propos de botte , un sort doux et propice Tout à souhait , ici , vous amène Clarice.