‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 21 sur 404 · D'AUBIGNAC · texte numérisé non relu

D'AUBIGNAC

CÉRONTE.

Pour quel sujet , messieurs, criez- vous donc si fort?

n LE BAL.

LE BARON

Un atome bourgeois qui perd sur sa parole,

Et lié veut pas payer!... Mais ce qui mé console ,

Je Teu\ devenir nul , ou j'en aurai raison.

GÉRONTB.

Que veut dire cela ?

SOTENOOVR, à Gérontc.

Monsieur , c'est un fripon , Un Ga<^con affamé qui cherche à vous surprendre.

LE BARON, à GéiODte, voulant percer Soteocour. Rétirez-vous , monsieur.

GÉRONTE. '

Ah ! tout beau , c'est mon gendre.

LE BARON

Cet homme est votre gendre?

GÉRONTB.

Il le sera dans peu.

LE BARON

Tant mieux : vous mé paierez ce qu'il mé doit au jeu. Je fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.

GÉRONTE, à Sotencour.

Quoi 1 vous avez perdu ?

SOTENCOUR.

Je VOUS dis qu'il radote.

Je ne sais...

LE BARON, à GéroDte.

Nuit et jour il hanté les brelans ; Il doit encore au jeu plus dé vingt mille francs.

GÉROMTE.

Pins de vingt mille francs!

LE BARON

Oui , monsieur.

SOTENCOUR.

Je vous jure.

Foi de vrai bas Normand , que c'est une imposture; Que je ne comprends rien à ce maudit jargon , Et ne sais, pour tout jeu , que l'oie et le toton.

LE BARON

Vous mé gâtez ici bien du temps en paroles, Monsieur, je veux toucher mes quatre cents pistoles.

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