SCÈNE UI
ÉRASTË, ALjBERT, AOATHE, LISETTE, CRISPIN.
Éraate entre comme un hogame qui se prospèae. U aperçoit Albert , .et
le salue.
AMIERT, à pavt.
Quel triste contre-temps dans cette conjoncturel Au diable le fâcheux, ^ sa sotte figure 1
(haut à' Éraste.)
Souhaitez- VOUS, monsieur, quelque chose de moi?
USeTTE, baa àAgAtbe.
C'est Éraste.
AGATHE , hn'
Paix donc , je le vois mie«x <jpie toi. ( Éra<te cootioue i salner. ) ALBERT.
A quoi servent, monsieur, les façons que vous faites? Parlez donc; je suis las de toutes ces courbettes.
ÉRASTE
Étranger dans ces lieux , et ravi de vous voir, Vous rendant mes respects, je remplis mon devoir^ Assez près de chez vous ma chaise s'est rompue ; Lorsqu'à la réparer id l'on s'évertue, Attiré par l'aspect et le frais de ces lieux , Je viens y respirer un air délicieux.
ALBERT
Voijis voua trompez, monsieur ; )'air qu'ici fon ne^ir^
£8t tout à (ait malsain : je dois même vous dire Que vous ferez fort mal d*y demeurer longtemps, Et qu'il est dangereux et mortel aux passants.
AGATHE
Hélas I rien n'est plus yrai : depuis qnef y respire , Je languis nuit et jour dans un cruel martyre.
CRISPIN
Que l'on me donne à moi toujours du même via Que celui que notre hôte a percé ce matin , Et je défie id toux , fièvre , apoplexie , De pouvoir, de cent ans, attenter à ma vie.
ÉRASTE
On ne croira jamais qu'avec tant de beauté» Et cet air si fleuri , vous manquiez de santé.
ALBERT
Qu'elle se porte bien, ou qu'elle soil malade , Cherchez un autre lieu pour votre promenade.
ÉRASTB.
Cet objet que le ciel a pris soin de parer , Cette vue où mon oeil se platt à s'égarer. Enchante mes regards ; et jamais la nature N'étala ses attraits avec tant de parure. Mon cœur est amoureux de oe qu'on voit id.
ALBERT
Oui , le pays est beau , chacun en parle ainsi ; Mais vous emploieriez mieux la fin de la journée : Votre chaise à présent doit être accommodée ; Votre présence ici ne fait aucun besoin : Partez; vous devriez être déjà bien loin.
ÉRASTE
Je pars dans le moment. Dites-moi , je vous prie...
ALBERT
Puisque de babiller vous avez tant d'envie , Je vais vous écouter avec attention.
(à Agathe et à Lisette.) Reotrez, rentrez.
L1SETTR.
Monsieur...
Ehl rentrez, vous dit-on.