ACTE 11, SCEiNK V
Ma foi , vous aurez beau , messieurs leurs partisatis, Dél)oniiaires maris , doucereux courlisans , Abbés blonds et musqués qui cherchez par la ville Des femmes dont Tépoux soit d*un accès facile. Publier que je suis un brutal , un jaloux ; Dans le fond de mon cœur Je me rirai de vous.
En AtSTE. »
Quand vous seriez jaloux, devez-vous vous déCendre Pour avoir plus qu*un autre on cœur sensible et tendre? Sans être un peu jaloux , on ne peut être amant. Bien des gens cepends^t raisonnent autrement. Un jaloux , disent-ils , qui sans cesse querelle. Est plutôt le tyraa que Tamant d'une belle : Sans relâche agité de fureur et d*ennui , Il ne met son plaisir que dans le mal d'autrui. Insupportable à tous , odieux à lui-même, Chacun à le tromper met son plaisir extrême , Et voudrait qu'on permit d'étouffer un jaloux, Comme un monstre échappé de Tenfer en courroux . C'est dans le monde ainsi qu'on parle d'ordinaire : Mais , pour moi , je soutiens un parti tout contraire , Et dis qu'un galant homme , et qui fait tant d'aimer, Par de jaloux transports peut se voir animer. Céder à ce penchant, et qu'il faut, dans la vie. Assaisonner l'amour d'un peu de jalousie.
ALBERT
Certes, vous me charmez, monsieur, par votre esprit; Je voudrais , pour beaucoup , que cela fût écrit. Pour le montrer aux sots qui blâment ma manière.
CRISPIN
Entrons chez vous , monsieur : là, pour vous satisfaire. Je vous l'écrirai tout, sans qu'il vous coûte rien.
ALBERT, l'arrêtant. Je VOUS suis obligé ; je m'en souviendrai bien. Vous n'avez pas , je crois, autre chose à me dire : Voilà votre chemin. Adieu. Je me retire. Que le ciel vous maintienne en ces bons sentiments ; Et ne demeurez pas en ce lieu plus longtemps.