‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 248 sur 404 · ÉPITRE A M. DESPRÉAUX · texte numérisé non relu

ÉPITRE A M. DESPRÉAUX

FaYori des neuf Sœars , qiii sur le mont Parnasse ,

De l'aveu d'Apollon , marches si près d*Horace ;

O toi , qui , comme lui , maître en l'art des bons vers ,

As joui de ton nom , et mis l'Enyie aux fers ;

£t qui , par un destin aussi noble que juste,

Trouves pour bienfaiteur un prince tel qu'Auguste '■

Ouvre une main facile, accepte avec plaisir

Un poème imparfait , enfant de mon loisir.

De tes traits éclatants admirateur fidèle,

Ton style , de tout temps , me servit de modèle ;

Et si quelque bon vers par ma veine est produit ,

De tes doctes leçons ce n'est que l'heureux fruit.

Toi-même as bien voulu , sensible à mes prières ,

Sur cet ouvrage offert me prêter *tes lumières

Ton applaudissement , que rien n'a suspendu ,

De celui du public m'a toujours répondu.

Qui peut mieux , en effet , dans le siècle où nous somn es ,

Aux règles du bon goût assujettir les hommes ?

Qui connaît mieux que toi le cœur et ses travers ?

Le bon sens est toujours à son aise en tes vers ;

£t, sous un art heureux découvrant la natnre ,

La vérité partout y brille toute pure.

Mais qui peut , comme toi , prendre un si noble essor,

lA de tous les métaux tirer des veines d'or ?

Que d'auteurs, en suivant DespréauK et Pindare,

Se sont fait un destin commun avec Icare !

De tous ces beaux lauriers qu'ils ont cherchés en vain ,

Je ne veux qu'une feuille offerte de ta main :

Si je l'ai méritée , et que tu me la donnes ,

Ce présent sur mon front vaudra mille couronnes ;

£t pour disciple enfin si tu veux m'avouer,

C'est par cet endroit seul qu'on pourra me louer.

REGNAlin.

380 LES MÉlNECHMES.

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