ACIE 1, SCÈNE
Comme moi, sa \aiise au coche aura fait roeUre; Et, dans le Dième temps, ce rapport de grandeur, De cachet et de nom, a causé ton erreur : Et je conclus enfin , sans être fort habile , Que mon frère est déjà peut-être en cette ville.
. YALEIfriN.
Cela pourrait bien être; et je suis stupéfait Des effets surprenants que le hasard a fait. U faut que justement je fasse une méprise. Et que notre bonheur vienne de ma sottise. Mous trouvons en un jour un vieil oncle enterré , Qui laisse de grands biens dont il vous a frustré : Un frère qui reçoit tous ces biens qu'on lui laisse. Et qui vient enlever cncor votre maîtresse. Voilà tout à la fois cinq ou six incidents Capables d'étourdir les plus habiles gens.
LE CHEVALIER
Nous ferons tête à tout; et de cette aventure Je conçois dans mon cœur un favorable augure.
VALEMTIN.
Soixante mille écus nous feraient grand besoin.
LE CHEVALIER
11 faut , pour les avoir, employer notre soin.
Ils sont à moi , du moins , tout autant qu'à mon trèrc ;
Mais il faut déterrer le frère et le notaire.
Va , cours , informe-toi ; ne perds pas un moinent.
VALENTIN
Vous connaissez mon zèle et mon empressement ;
Et s'il est à Paris, j'ai des amis fidèles,
Qui, dans une heure au plus, m'en diront des nouvelles.
LE CHEVALIER
Je vais chez Âraminte , elle sait mon retour ; Il faudra feindre encor que je brûle d'amour. Elle n'a nul soupçon de ma nouvelle flamme. ^ Tu sais le caractère et l'esprit de la dame : Elle est vieille , et jalouse à désoler les gens ; Ses airs et ses discours sont tous impertinents; Enfin c'est une foUe , et qui veut qu'on la flatte : Quoiqu'un rayon d'espoir pour mon amour éclate , Incertain du succès , je la veux ménager. Retourne à la douane , au cocho , au messager.
Mais Araminte sort. Va vite où je t'envoie...
(Valeotia emporte la malle, et sort.)