‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 270 sur 404 · ACTE II, SCÈNE m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE m

Belle et de bonne humeur , qui loge en son quartier.

MÉNECHMB.

Votre maîtresse fait un fort joli métier!

FINETTE, bas h Valentin.

MaKs parle-moi donc , toi. Quelle vapeur nouvelle A pu, dans un moment, déranger sa cervelle? ^ ' TALENTIN , bas à Finelle.

Depuis on certain temps il est assez sujet A des distractions dont tu peux voir TefTet. Il me tient quelquefois un discours vain et vague, A tel point qu'on dirait souvent qu'il extravague.

FINETTE

Tantôt il paraissait assez sage; et peut-on Perdre en si peu de temps et mémoire et raison ?

(à Ménechme.)

Voulez-vous, de bon sens, me dire une parole?

HÉNECHUE.

Mais vous-même , m'amie, étes-vous ivre ou folle ,

De me balivemer avec vos contes bleus.

Et me faire enrager depuis une heure ou deux ?

Qu'est-ce qu'une Araminte, un objet qui m'adore.

Une amie, un dtner, et cent discours encore.

Tous plus sots l'un que l'autre , à quoi l'on ne comprend

Non plus qu'à de l'algèbre, ou bien à TAlcoran ?

FINETTE

Vous ne voulez donc pas être plus raisonnable , Ni dtner au logis?

Non , je me donne au diable.

Votre maltresse ailleurs, en ses nobles projets. Peut à d'autres oiseaux tendre ses trébuchets. Et vous, son émissaire et son honnête agente. C'est un vilain emploi que celui d'intrigante; Quelque malheur enfin vous en arrivera, Je vous en avertis, quittez ce métier-là. Faites votre profit de cette remontrance.

FINETTE

Nous verrons si dans peu vous aurez l'insolence De faire à ma maltresse un discours aussi sot : Je vais lui dire tout , sans oublier un mot.

310 LES M£fO£CKMËS.

(à Volfatin.)

Adieu , digne^^t d'un trop indigne maître : J'espère que dans peu nous nous ferons connaître.

(à part.)

Je ne le connais plus , et ne sais où j*en suis.

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