‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 290 sur 404 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

FINETTE, VALENTIPl.

VALERTItf.

S j'aperçois Finette; et mon cœur amoureux sent, en la voyant, brûler de nouveaux feux.

FINETTE

iherche ici ton maître.

VALENTIN

En attendant qu'il vienne, ffre que mon amour un moment t'entretienne; [ue j'offre mon cœur à tes charmants attraits.

nNETTE.

te ailleurs tes présents ; ne me parle jamais, mattre m'a traitée avec tant d'insoleuce, il faut sur le valel que j'en prenne vengeance, ppeler créature !

TALENTIN.

Ah ! cela ne vaut rien, it dur quelquefois et brutal comme un chien.

FINETTE. '

de ses vilains mots l'oreille encor blessée;

m LES MENECHMES.

• Et ma maltresse en est si fort scandalisée , Que , rompant avec lin désormais tout à AH, Je Tiens lui demander et lettres et portrait.

yaleNtin.

Pour les lettres, d*accord ; c'est un dépdt stiérile. Dont la garde , à mon sens , est assez inutfle : Mais pour le portrait d'or, attendu le métal , Le cas , à mon ayis , ne parait pas égal.* Quand le besoin d'argeirt nou» presse et nous harcelle. Tu sais, ma pauvre enftinf , qu^on troque la vaisselle.

FIIfETTE.

Poarrait-on d'un portrait faire si peu de cas ^

VALENTIIf.

Nous nous sommes trouvés dans de grands embarras. Mais, depuis quelque temps, un oncle, un honnête homme (A peine pouvons-nous dire comme il se nomme) , A bien voulu descendre aux ténébreux manoirs. Pour nous mettre à notre aise , et nous faire ses hoirs : Soixante mille écus d'argent sec et liquide Ont mis notre fortuné en un vol bien rapide^

FmBITE,

Ah ciel l qpe me dis-tu ?

VALENT»

Je dis la vérité»

EINETTE.

Quoil dans si peu de temps vous auriez hérité f

VALENTIN

Bon ! nous avons appris le mal de ce bonhomme ^ La mort , le. testament,, et reçu notre somme. Dans le temps que tu mets à me le demander*. Mon maître est 4iablement habile à succéder,.

FINETTE

Oh 1 je n'en doute point.

VALENTIN

Sois-en juge toi-même.

Tu vois bien quil ferait une sottise extrême , S'il se piquait encor d'avoir des feux constants : Il faut bien, dans la vie „ aller selon le temps.

FINETTE

Nous nous passerons bien -d'amants tels que vous êtes^

VALENTIN

A son exemple aussi , je quitte les soubrettes :

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