‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 322 sur 404 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M>n« ARGAJNTE, ISABELLE, ÉRASTE.

M"ne ARGÂNTB.

C'est trop nous retenir, laissez-nous donc partir.

Je ne puis vous quitter ni vous laisser sortir. Que TOUS ne me flattiez d'un rayon d'espérance.

M«>e ARGANTE.

Je voudrais vous pouvoir donner la préférence.

ÉRASTE

Quoil VOUS aurez, madame, assez de cruauté Pour conclure à nies yeux cet hymen projeté , Après m'avoir promis la charmante Isabelle? Pourrai-je, sans mourir, me voir séparé d'elle.^

H°ie ARGANTB.

Quand je vous la pronûs, vous me fîtes serment Que votre oncle, en faveur de cet engagement. Vous ferait de ses biens donation entière; En épousant ma iille , il offre de le faire : Ai-jetort?

» Dans l'édition originale, cet acte n'est divisé qu'en cinq scènes.

ACrE II, SCÈNE I. 375

ÉRA8TE| à Isabelle.

Vous , madame , y coosentiriez-vous ' ?

ISàBEIXB*

Assurément, monsieur, il sera mon époux. Et ne yenez-Yous pas de me dire vous-même Qu'une fille, malgré la répugnance extrême Qu'elle trouvait à prendre un parti présenté, Devait de ses parents suivre la volonté ?

ÉRASTE

Et ne voyez-vous pas que , par cet artifice , Pour rompre ses projets, je flattais son caprice? 11 est certains esprits qu'il faut prendre de biais. Et que , heurtant de front , vous ne gagnez jamais. Mon oncle est ainsi fait.

(à madame Argante.) L'intérêt peut-il faire, Que vous sacrifiiez une fille si chère?

Mn^e ARGANTE.

Mais le bien qu'il lui fait...

ÉRASTE

Donnez-moi votre foi De rompre cet hymen ; et je vous promets , moi , De tourner aujourd'hui son esprit de manière Que les choses iront amsi que je l'espère. Et qu'il fera pour moi quelque heureux testament.

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