SCENE X
ÉRASTÊ, CRISWN, LISETTE.
LISETTE
Ah I monsieur , apprenez un accident terrible : Monsieur Géronte est mort.
ÉRASTE
Ah ! ciel ! est-il possible ?
CR1SPIN
Quoi ! Tonde de monsieur serait défunt ?
LISETTE
Hélàs I Il ne vaut guère mieux yismi le pauvre homme est bas. Arrivant dans sa chambre et se traînant à peine, H s est mis sur son lit sans force et sans haleine; Et , roidissant les bras, la sulTocation A tout d'un coup coupé la respiration ; Enfin il est tombé, malgré mon assistance, Sans voix , sans sentiment , sans pouls, sans connaissance.
ÉRASTE
Je suis au désespoir. C'est ce dernier transport Où tu l'as mis, Crispin , qui causera sa mort.
CRISPIM.
Moi| monsieur ! De sa mort je ne suis point la cause; Et le défunt , tout franc , a fort mal pris la chose. Pourquoi se saisit-il si fort pour des discours .' J'en voulais à son bien , et non pas à ses jours.
ÉRASTE
Ne désespérons point encore de sa vie ; Il tombe assez souvent dans une léthargie Qui ressemble au trépas, et nous alarme fort.
LISETTE
Ah ! monsieur , pour le coup , il est à moitié mort ; Et moi , qui m'y connais , je dis qu'il faut qu'il meure, Et qu'il ne peut jamais aller encore une heure.
ÉRASTE
Ah I juste ciel ! Crispin , quel triste événement I Mon oncle mourra donc sans faire un testament; Et je serai frustré , par cette mort cruelle, De l'espoir d'obtenir la charmante Isabelle !