‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 382 sur 404 · II. SCRUPULE, lisant · texte numérisé non relu

II. SCRUPULE, lisant

« Quinze cents francs de rentes viagères , « Pour avoir souvenir de moi dans ses prières, m

GBISPINy seprosteraant aox pieds de Gérante.

Oui, je vous le promets, monsieur, à deux genoux , Jusqu'au dernier soupir je prierai Dieu pour vous. Voilà ce qui s'appelle un vraiment honnête homme < Si généreusement me laisser cette somme !

GÉRONTÇ.

Non ferai-je, parbleu! Que veut dire ceci.'

(au ootaire.) Moasieur, de tous ces legs je veux être éclairci.

H. SCRUPULE

Quel éclairdflsement voulez-vous qu'on vous donne? Et je n'écris jamais que ce que Ton m'ordonne.

GÉRONTB.

Quoi ! moi , j'aurais légué , sans aucune raison , Quinze cents francs dé rente à ce mattre fripon , Qu'Éraste aurait chassé s'il m'avait voulu croire ?

GRISPIN , toujours à genoux'.

Ne vous repentez pas d'une oeuvre méritoire. Voulez-vous , démentant un généreux effort, Être avaricieux même après v*tre mort.'

GÉRONTE

Ne m'a-t-on point volé mes billets dans mes poches ? Je tremble du malheur dont je sens les approches; Je n'ose me fouiller.

ÉRASTE, à part.

Quel funeste embarras!

(haut à Gérante.)

Vous les cherchez en vain , vous ne tes avez pas.

GÉRONTE , à Éraste.

OÙ sont-ils donc? Réponds.

ÉRASTE

Tantôt, pour Isabelle, Je les ai , par votre ordre exprès , portés chez elle.

RBGNARD. 37

éM LE LÉGATAIRE UNIVERSEL.

Par inon ordre!

ÉRASTE

Oni , moDsienr.

GÉRONTE

Je ne m^ souviens point.

GRisriN.

CTest votre léthargie.

GÉROMTB.

Oh ! je veux , sar ce point , Qu'on me (as«e raison. Quelles friponneries ! Je suis las, à la fin, de tant de léthargies.

(à Éraste.)

Cours chez elle ; dis- lui que , quand j'ai &it ce don , J'avais perdu l'esprit, le sens, et la raison.

Page 1