SCÈNE XL
VALÈRE, ANGÉLIQUE, NÉRINE
NÉRINE , à part.
Elle connaît ses gens.
VALÈRE
Oui , pour vous je soupire , Et je voudrais avoir cent bouches pour le dire.
70 LK joue;ub.
NÉRINE, bas à Angélique.
Allons^ madame, allons, ferme ; voici le choc : Point de faiblesse au moins! ayez un cœur de roe.
ANGÉUQOE, ba« à Nëriae.
Ne m'abandonne point.
HÉRIKE , haa k Angélique.
Mon, non; laissez-moi faire.
YALÈRE.
Mais que me sert, hélas t que mon cœur vous préfère ? Que sert à mon amour un si sincère aveu ? Vous ne m'écoutez point , vous dédaignez mon feu. De vos beaux yeux pourtant , cruelle, il est Touvrage. Je sais qu'à vos beautés c^est faire un dur outrage De nourrir dans mon cœur des désirs partagés; Que la fureur du jeu se m^e où vous régnez : Mais...
ANGÉLIQUE
Cette passion est trop forte en votre âme Pour croire que l'amour d'aucun feu vous enflamme. Suivez , suivez l'ardeur de vos emportements ; Mon cœur L'en aura point de jaloux sentiments.
NÉRINE, ba3 à Angélique.
Optime.
Désormais, plein de votre tendresse , Nulle autre pas^on n*a rien qui mUntéresse ; »
Tout ce qui n'est point vous me paraît odieux. ANGÉUQUE , d'un ton plus tendre.
Non , ne vous présentez jamais devant mes yeux.
NÉRINE , bas à Angélique.
Vous mollissez.
VALÈRE
Jamais ! quelle rigueur extrême !
Jamais! Ah ! que ce mot est cruel quand on aime! Hé quoi t rien ne pourra fléchir votre courroux? Vous voulez donc me voir mourir à vos genoux ?
ANGÉL1QDE.
Je prends peu d'intérêt, monsieur, à votre vie.
NÉBINE, bas à Angélique.
Nous allons bientôt voir jouer la comédie.
YALÈRE.
Ma mort sera l'effet de mon cruel dépit.