‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 69 sur 404 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

Depuis longtemps cette somme m'est due.

VALÈRE

Que je sois en ' maraud déshonoré cent fois , Si Ton m'a vu toucher un sou depuis six mois !

HECTOR

Oui, nous avons tous deux , par piété profonde, Fait voBu de pauvreté : nous renonçons au monde.

M. GALONIER.

Que votre cœur pour moi se laisse uo peu toucher ! Notre femme est, monsieur, sur le point d'accoucher. Donnez-moi cent écus sur et tant moins des dettes.

HECTOR , à M. Gak>Dier>

Et de quoi diable aussi , du métier dont vous êtes ,

* Od ut ainsi dans l'édition originale et dans celles de t7M et de i7»o . Dana la plupart des antres éditions, on Ut :

Qa« je aoto od roaraiid , déshonoré cent fois , etc.

Vous ayiseat-Tons là de faire des enfaDls? Faites-moi des habits.

M. GÀLOmER.

Seulement deux cents francs.

YALÈRE.

Et mais... si j'en avais... Comptez que dans la Tie Personne de payer n'eut jamais tant d'enyie. Demandez...

BECTOR.

S'il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans? Votre dette n'est pas meilleure que la mienne.

M<B« ADAM

Mais quand faudra-t-fl donc, monsieur, que je reTienneP

YALÈRE.

Mais... quand il yous plaira... Dès demain ; que sait-on ?

HECTOR

Je YOUS ayertirai quand il y fera bon.

M. GALONIER.

Pour moi, je ne sors point d'ici qu'on ne m'en chasse.

HECTOR , à part.

Non , je ne yis jamais d'animal si tenace.

YALÈRE.

Écoutez , je yous dis un secret qui , je croi , Vous plaira dans la suite autant et plus qu'à moi. Je Yais me marier tout à fait ; et mon père ÂYCC mes créanciers doit me tirer d'affaire.

Pour le coup...

Mme ADAM.

Il me faut de l'argent cependant.

HECTOR

Cette raison vaut mieux que de l'argent comptant. Montrez-nous les talons.

M. GALONIER.

Monsieur, ce mariage Se fera-t-il bientôt?

HECTOR

Tout au plus tôt. J'enrage.

M<"« ADAM

Sera-ce dans ce jour ?

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