‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 79 sur 404 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

NÉRINB.

NoD y demeure un moment.

HECTOR

Le temps me presse. Adieu.

NÉRINE

Tout doux ! N'est-il pas vrai qu'il est en quelque lieu Où , courant le hasard*..

HECTOR

Parlez mieux , je tous prie.

Mon maître n*a hanté de tels lieux de sa Tie.

ANGÉLIQUE , à Hector.

Tiens, yoflà dix louis. Ne me mens pas ; dis-moi S'il n'est pas vrai qu'il joue à présent.

HECTOR

Oh! ma foi, 11 est bien reyenu de cette folle rage , Et n'aura pas de goût pour le jeu davantage.

Avec tes faux soupçons , Nérine , eh bien ! tu Tois.

HECTOR

Il s'en donne aujourd'hui pour la dernière fois.

ANGÉUQOE.

Il jouerait donc ?

HECTOR

Il joue , à dire vrai , madame ; Mais ce n'est proprement que par noblesse d'âme. On Toit qu'il se défait de son argent exprès , Pour n'être plus touché que de vos seuls attraits.

NÉRINE , à Angélique.

Eh bien ! ai-je raison ?

HECTOR

Son mauvais sort, vous dis-je, Mieux que tous vos discours aujourd'hui le corrige.

ANGÉLIQUE

Quoi !...

HECTOR

N'admirez-Yous pas cette fidélité ?

Perdre exprès son argent pour n'être plus tenté! Il sait que l'homme est faible , il se met en défense. Pour moi , je suis charmé de ce trait de prudence.

ANGÉUQUE.

Quoi! ton maître jouerait, au mépris d'un serment?

HBTTOil.

C'est la dernière fois, madame, absolument. Oo le peut voir encor sur le champ de bataille ; 11 frappe k droite , à gauche, et d*estoc et de taille ; U se défend , madame , eucor comme un lion. Je Tai tu , dans l'effort de la conTulsion , Maudissant les hasards d'un combat trop funeste : De sa bourse expirante il ramassait le reste ; Et, paraissant encor plus grand dans son malheur, Il vendait dier son sang et sa vie au vainqueur.

NÉRIIIB '.

Pourquoi l'as-tii quitté dans cette décadence?

HECTOR

Comme un aide de camp, je viisns en diligence Appeler du secours : il faut faire approcher Notre corps de réserve , et je m'en vais chercher Deux cents louis qu'il a laissés dans sa cassette.

M1ÊRINE.

Eh bien ! madame , eh bien I êtes- vous satisfaite ?

HECTOR

Les partis sont aux mains ; à deux pas on se bat , Et les moments sont chers en ce jour de combat. Nous allons nous servir de nos armes dernières , Et des troupes qu'au jeu Ton nomme auxiliaires.

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