‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 93 sur 404 · GÉRONTE, VALÈRE, HECTOR · texte numérisé non relu

GÉRONTE, VALÈRE, HECTOR

GÉBONTE.

Pour quel sujet, mon fils, criez- vous donc si fort?

(à Hector.) Estce toi , malheureux , qui causes ce transport?

VALÈRE

Non pas, monsieur.

HECTOR, à Géronte.

Ce sont des vapeurs de morale Qui nous vont à la tète , et que Sénèque exhale.

GÉRONTE

Qu*est4» à dire Sénèque?

HECTOR

Oui , monsieur : maintenant Que nous ne jouons plus, notre unique ascendant C'est la philosophie , et voilà notre livre ;

C*esl Sénèqiie.

GÉRONTG.

Tant mieux : il apprend à bien TÎTre.

Sou livre est admirable et plein dMnstractions , Et rend Thomme brutal maître des passions.

HECTOR

Ah! si TOUS aviez lu son traité des richesses.

Et le mépris qu'on doit faire de ses maîtresses ;

Comme la femme ici n*est qu'un vrai rémora,

Et que , lorsqu'on y touche... on en demeure là...

Qu'on gagne quand on perd. . que l'amour dans nos âmes..

Ah ! que ce livre-là connaissait bien les femmes!

GÉRONTE

Hector en peu de temps est devenu docteur.

HECTOR

Oui , monsieur, Je saurai tout Sénèque par cœur.

GÉHONTE , à Valèré.

Je VOUS cherche en ces lieux avec impatience. Pour vous dire, mon fils, qtie votre hymen s'avance. Je quitte le notaire , «t j'ai vu les parents , Qui , d'une et d'autre part , me paraissent contents Vous avez vu , je crois , Angélique ? et j'espère Que son consentement...

VALÈRE

Non , pas encor, mon père.

Certaine affaire m'a..<

GIÉRONTE.

Vraiment , pouf un amant , Vous faites voir, mon fils , bien peu d'empressement. Courez-y : dites-lui que ma joie est extrême ; Que, charmé de ce nœud , dans peu j'irai moi-même ,Lui faire compliment, et l'embrasser...-

HECTOR, à Géronta.

Tout doux !

Monsieur fera c^a tout aussi bien que vous.

VALÈRE , à Géronte.

Pénétré des bontés de celui qui m'envoie. Je vais de cet emploi m'acquitter avec joie.

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