SCÈNE
ÉRASTE, LISETTE
LISETTE
Eb bien, vous soufifrirez que votre oncle, à son âge, Fasse devant vos yeux un si sot mariage;
Qu’il vous frustre d’un bien que vous devez avoir i
ÉRASTE
Hélas ! ma pauvre enfant, j’en suis au désespoir.
Mais l’affaire n’est pas encore consommée.
Et son feu pourrait bien s’en aller en fumée.
La mère, en ma faveur, change de volonté,
Et va, d’un mot d’écrit entré nous concerté,
LE LÉGATAIRE UNIVERSEL
Remercier mon oncle, et lui faire comprendre Qu'il est un peu trop vieux pour en faire son gendra,
LISETTE
Je veux dans le complot entrer conjointement.
Et que deviendrait donc enfin le testament,
Sur lequel nous fondons toutes nos espérances,
Et qui doit cimenter un jour nos alliances,
Et faire le bonheur d’Éraste et de Crispin?
Il faut par notre esprit faire notre destin.
Et rompre absolument l’hymen qu’il prétend faira. J’en ai fait dire un mot à son apothicaire ;
C’est un petit mutin qui doit venir tantôt.
Et qui lui lavera la tête comme il faut.
Je ne veux pas rester dans une nonchalance Qu’il faut laisser aux sots. Mais Géronte s’avance.