‹ Theatre de RegnardChapitre 66 sur 91 · ACTE V, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE Vil

Éraste, mon neveu. »

ÉRASTE.-

Se peut-il?,.. Juste ciell

M. SCRUPULE, lisant,

* Déshéritant, en tant que besoin pourrait être.

Parents, nièces, neveux, nés aussi bien qu’à naître,

Et même tous bâtards, à qui Dieu fasse paix,

S’il s’en trouvait aucuns au jour de mon décès. *

GÉRONTE

Comment? moi, des bâtards!

CRISPIN, à Gérante,

C’est style de notaire.

GÉRONTE

Oui, je voulais nommer Éraste légataire.

A cet article-là, je vois présentement Que j’ai bien pu dicter le présent testament.

M. SCRUPULE, lisant,

* Item, Je donne et lègue, en ‘espèce sonnante,

A Lisette... »

LISETTE

Ah I grands dieux !

M. SCRUPULE, lisant,

« Qui me sert de servante, Pour épouser Crispin en légitime nœud.

Deux mille écus. >

CRISPIN, à Gérante,

Monsieur... en vérité... pour peu...

Non... jamais,., carenfin... mabouche... quand j’y pense,,. Je me sens suffoquer par la reconnaissance.

[A Lisette.)

Parle donc...

TU

LE LÉGATAIRE UNIVERSEL

LISETTE, embrassant Géronte,

Ahi monsieur...

GÉRONTE

Qu est-ce à dire celât Je ne suis point Tauteur de ces sottises-là.

Deux mille écus comptant i

Quoi I déjà, je vous prie.

Vous repentiriez-vous d’avoir fait œuvre pie?

Une fille nubile, exposée au malheur,

Qui veut faire une fin en tout bien, tout honneur,

Lui refuseriez-vous cette petite grâce?

GÉRONTE

Comment! six mille francs! quinze ou vingt écus, passe.

LISETTE

Les maris, aujourd’hui, monsieur, sont si courus I Et que peut-on, hélas! avoir pour vingt écus?

GÉRONTE

On a ce que l’on peut, entendez-vous, m’amie?

(Au notaire,)

Il en est à tous prix. Achevez, je vous prie.

M. SCRUPULE

« Item^ Je donne et lègue.., »

GRIS PIN, à part,

Ahi c’est mon tourenfîc.

Et l’on va me jeter...

M. SCRUPULE, t A Crispin... »

(Crispin se fait petit,) GÉRONTE, regardant Crispin,

A Crispin I

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