‹ Theatre de RegnardChapitre 75 sur 91 · UC BAL · texte numérisé non relu

UC BAL

LE BAL

LISETTE

Oq me Ta dit ainsi.

MERLIN

J’en saurai profiter.

Aide-nous seulement.

Je suis prête à tout fairs.

MERLIN

St moi, je te promets que si, dans cette affaire, .Vion maître, plus Iieureux, épouse incognito^

Je pourrai t’épouser de même ex abrupto»

LISETTE

Depuis que mon mari, par grâce singulière.

D’un surtout de sapin que l’on appelle bière.

Dont on sort rarement, a voulu se munir,

J’ai fait vœu d’être veuve, et je le veux tenir.

MERLIN

Oui-da, l’état de veuve est une douce chose ;

Dn a plusieurs amants, sans que personne en glose £t Ton fait justement, du soir jusqu’au matin; Gomme ces fins gourmets qui vont goûter le vin. Sans acheter d’aucun à chaque pièce on tâte;

On laisse celui-ci de peur qu’il ne se gâte;

On ne veut pas de l’un parce qu’il est trop vert. Celui-ci trop paillet; cet autre trop couvert;*

D’un tel vin la couleur est malade et bizarre;

Cet autre dans le chaud peut tourner à la barre; L’un est trop plat au goût, l’autre trop pétillant;

Et ce dernier enfin a trop peu de montant.

Ainsi sans rien choisir de tout on fait épreuve;; voilà justement comme fait une veuve.

0CÊNE VI LISETTE.

Une ?euve a raisoa. J’^.lîüe mieux, prix pour prix, Deux amants comme il faut que cinquante maris. Un époux est un vin difficile à revendre,

Dn peut en essayer^ mais il n’en faut pas preudfo,

MERLIN

Si lu voulais de moi faire un petit essai,

J’ai du montant de reste, et le vin assez gai.

Mais je m’arrête trop^ et je laisse mon maître Se distiller en pleurs, et s’enivrer peut-être.

Je te quitte, et je vais arrêter ses transports.

Si Lisette est pour nous, nous sommes assez forts.

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