SCÈNE III CHARLOTTE, MADAME DE SAINT-MARC, toiieite de an de deuii
MADAME DE SAINT-MAKC
Ne perds pas un instant, Charlotte; il y va de mon honneur, de ma réputation; un seul jour, une seule bonne ac-
■23<i THEATRE DE SALON.
lion peut uie compromelfre, el in'enlever le IVuit de dix mois de veuvage irréprochable.
CHARLOTTE
Où faut-il courir, madame, pour sauver tout cela?
MADAME DE SAINT-MARC
Chez mon voisin, M. Baralier.
CHARLOTTE
A côté de la grille d'entrée; c'est le plus voisin de nos voisins.
MADAME DE 'SAINT-MARC
11 faut l'amener ici fout de suite.
CHARLOTTE
Sous quel prétexte?
MADAME DE SAINT-MARC
Tu le trouveras... Le jeune homme au suicide est là, dans le jardin... je l'ai reconnu sous sa toilette de dandy... Il va se présenter chez moi; je ne puis m'empêcber de le recevoir: il me faut donc ce voisin Baralier.
Pour moraliser la situation : c'est un homme de cinquante-quatre ans, chauve, éleveur de vers à ^:(j\e, agronome, et, de plus, ennuyeux comme l'hiver, bête comme une romance, laid comme un créancier.
MADAME DE SAINT-MARC
C'est ce qu'il me faut... Esquive-toi parla porte dérobée. Ne perds pas une minute, amène-moi iM. Baralier.
CHARLOTTE, sortante eiuche.
Ah! madame, que nous sommes loin du couvent!
UNE VEUVE INCONSOLABLE. rAl