BAR A LIER
Je ne vois que vous ici... N'étes-vous pas un voisin, un ami delà maison?
LÉON d'oRVIGNY.
Eh bien, après?
BARALIER.
Après, VOUS signerez au contrat le matin, et vous danserez le soir...
LÉON d'oRVIGNY.
Je ne danse jamais, monsieur.
BARALIER.
Oh! j'espère bien que vous danserez au mariage de madame de Saint-Marc !
LÉON d'oRVIGNY, se levanl.
Madame de Saint-Marc se marie?..
BARALIER.
Ah ! VOUS l'ignoriez?... C'est fort, on ne parle que de cela dans les environs.
LÉON d'oRVIGNY.
Et qui en parle?
BARALTEB.
Tout le monde, excepté vous, probablement; nous venons d'écrire, avec nos voisins, et de jeter à la poste trente lettres à ma famille et à mes amis. Je donne un bal demain... Tenez, voilà le modèle de ma circulaire nuptiale : Je vous invite à mon mariage et à mon bal. Signé : Baralier... Je n'ai pas mis d'autre nom, pour ménager une surprise aux invités.
LÉON d'oRVIGNY.
Et quel est l'autre nom?
BARALIER.
Je m'escrime, depuis une heure, à vous le dire, un sourd l'aurait entendu !
LÉON d'oRVIGNY.
Quel est l'autre nom?
BARALIER.
Madame de Saint-Marc, pour la centième fois, monsieur.
LÉON d'ORVIGNY.
C'est vous qui l'épousez?
BARALIER.
Ah ! ceci est trop fort ! je l'épouse demain ; on va vite avec les veuves.
LÉON d'oRVIGNY.
Impossible! c'est une raillerie que je ne souffrirai pas!
(Entrent Hippolyle et Gabriel.)