‹ Théâtre de salonChapitre 60 sur 158 · SCÈNE XY DELPHINE, FERDINAND · texte numérisé non relu

SCÈNE XY DELPHINE, FERDINAND

FERDINAND, marchant à tâton?.

Ma sœur!...

DELPHINE, à mi-Toii.

Mon frt!;re !.

FERDINAND

Je suis là!...

OÙ donc est le boudoir?... Je me perds...

DELPHINE

Le voilà!... ^

FERDINAND

J'y suis!... Viens donc, ma sœur, à mon côté...

DELPHINE

Je tremble!...

FERDINAND

Enfant!... viens donc... Il faut jouer avec ensemble.

(Delphine se rapproche; Ferdinand écoule, l'oreille contre la porte.)

Elle dort!... mon bel ange!... attendons son réveil... C'est un crime, ma sœur, de troubler ce sommeil... Que son front endormi doit respirer la grâce, Lorsqu'un rêve serein sur sa figure passe!... Oh! que je voudrais voir ce visage adoré, S'animant aux rayons d'un mensonge doré ! Elle dort!... 0 ma sœur!... ne troublons pas son rêve!... A son cœur, s'il est doux, permettons qu'il s'achève. Oh!... qu'il lui soit donné d'embrasser en dormant Le bonheur! le bonheur, rêve qui toujours ment!

DELPHINE, à part, s'avançant sur le bord de. la scène.

L'étourdi de vingt ans abjure sa folie,

C'est fort bien!... avec lui, je me réconcilie.

FERDINAND, à Delphine.

Chante d'une voix douce un de ces airs divins Qui s'accordent si bien avec les songes vains ; Un air que l'harmonie enveloppe de gaze, Et qui donne, la nuit, le sommeil de l'extase,

Afin qu'en écoutant cet air délicieux,

Son oreille s'entr'ouvre aux saints hymnes des cieux.

DELPHINE, à mi-voii.

Non!... je suis trop émue... et ma voix...

FERDINAND

Allons, chante...

Bien bas... avec amour; ta voix est si touchante!...

DELPHINE, de même.

Mon frère, je ne puis...

FERDINAND

Chut !... quelqu'un vient!... j'entends Des pas... Laissez-nous seuls encor quelques instants!

DELPHINE, monlranl la porle à droite.

Mais c'est de ce côté qu'on nous arrive... Écoute...

FERDLNAND.

Casimir et Sainval se sont trompés de route.

(La porte s'ouvre et Cœlina parait une lampe à la main.

La porte s'ouvre... Ciel! ma sœur!

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