ACTE I, SCÈN^ X
mère de Dieu de détourner de nous l'opprobre du joug étranger, de nous garder le roi né sur notre sol. Devant le village où je suis née, est une antique image de la mère de Dieu, qui attirait un grand concours de pieux pèlerins, et tout auprès s'élève un chêne sacré, célèbre au loin par la vertu salutaire de nombreuï miracles. J'aimais k m'asseoir à l'ombre de ce ctiéne, tout eu gardant mon troupeau, car mon cœur m'attirait là, et si un de mes agneaux s'égarait sur les montagnes désertes, toujours un songe me le montrait, quand je m'endormais à l'ombre de ce chêne'..,. Et une fois, comme j'étais restée assise, toute une lontme nuit, sous cet arbre, dans une pieuse
le séjour àe la félicité. (Tous sont émus. Agnès Sorti, pleurant abondamment, cache son visage sur le sein du flot.) l'archevêque, après un Umg silence.
Devant un tel témoignage divin tous les doutes de la prudence humaine doivent se taire. Le fait a prouvé qu'elle dit vrai, Dieu seul peut opérer de tels miracles.
DUNOIS
Ce n'est point à ses miracles, c'est à ses yeux que je crois, à la pure innocence de son visage.
CHARLES
Et suis-je digne, moi pécheur, d'une telle grâce î (Bil qui pénètres tout et qu'on ne peut tromper, tu vois le fond de mon ame et connais mon humilité!
JEANNE
L'humilité des grands brilk éclatante là-haut. Tu t'es abaissé, et c'est pour cela qu'il t'a éii/é.
CHARLES
Je résisterai donc à mes enn^b»?
JEANNE
Je mettrai à tes pieds la France :
CHARLE
Et Orléans, dis-tu, ne passera pc
JEANNI
Tu verrais plutôt la Loire reraon
CHARLE
inqueur à Reims î
JEANNI
rai à travers des milliers d'ennemis. {Tous les Cheagitetu avec bruit leurs lances et leurs bmtcliers, et ve ardeur.) ■
DUNOIS
ette vierge à la tête de l'armée , nou? suivrons 1 femme divine partout où elle nous conduira. Que son œil prophétique nous guide, et cette brave ép6e la protégera.
LA HIHE.
Nous ne craindrons pas tout un monde en armes , si elle marche devant nos escadrons. Le Dieu de la victoire s'avance à