‹ Theatre de Schiller;Chapitre 283 sur 335 · LES SEPT ARTS · texte numérisé non relu

LES SEPT ARTS

Le lieu de la scène est un site champêtre découvert. — Au milieu, un oranger chargé de fruits et orné de rubans.

Des PAYSANS sont occupés' à planter Voranger en terre ^pendant que des JEUNES FILLES et des ENFANTS le tiennent des deux celés avec des chaînes de fleurs.

LE PÈRE

Crois , arbre florissant , avec ta couronne de fruits d'or, toi que, d'une zone étrangère, nous transplantons dans notre sol natal! Qu'une riche abondance de doux fruits courbe tes rameaux toujours verts !

TOUS LES PAYSANS

Crois, arbre florissant, élève ta cime vers les cieux.

LE JEUNE HOMME

Qu*à tes fleurs embaumées se marient, brillants, tes fruits d*or! Résiste à la tempête des années, dure dans la fuite des temps.

TOUS

Résiste à la tempête des années, dure dans la fuite des temps.

LA MÈRE

Reçois-le, terre sacrée ; reçois dans ton sein le tendre étranger! Conducteur du troupeau tacheté, auguste dieu des champs, soigne-le.

LA JEUNE FILLE

Soignez-le, douces Dryades! Protége-le, protége-le, Pan, notre

père! Et vous, libres Oréades, pour que nulle tempête ne lui nuise, enchaînez tous les ouragans!

TOUS

Sôignez-le, douces Dryades! Protége-le, protége-le, Pan, notre père!

LE JEUNE HOMME

Puisse le ciel te sourire, toujours chaud, toujours clair et bleu! Soleil, donne-lui tes rayons! Terre, donne-lui ta rosée!

TOUS

Soleil, donne-lui tes rayons! Terre, donne-lui la rosée!

LE PÈRE

Puisses-tu donner à tout voyageur, la joie, la joie et une vie nouvelle; car c'est la joie qui t'a planté. Que le nectar de tes dons rafraîchisse encore nos derniers neveux; et, ranimés par toi, qu'ils te bénissent!

TOUS

Puisses-tu donner à tout voyageur, la joie, la joie ^ une vie nouvelle ; car c'est la joie qui t'a planté. {Ils dansent autour de F arbre, en formant une ronde où les honiines alternent avec les femmes. Lamusiquede V orchestre les accompagne, et, se modifiant peu à peu, prend un plus noble caractère, tandis que dans le fond on voit des-cendre le GÉNIE , accompagné des SEPT DÉESSES. Les Paysans se retirent sur les deux côtés du théâtre, pendant que le Génie s'a-vance au milieu, et que les trois arts du dessin se placent à sa droite, et les quatre de la parole et de la musique, à sa gauche, )

Nous venons de loin , nous voyageons et passons des peuples aux peuples, des siècles aux siècles : nous cherchons sur la terre un séjour durable, pour y résider à jamais, sur des trônes paisibles , dans un repos créateur, dans une active abondance. Nous voyageons, nous cherchons, et ce séjour, nous ne le trouvons pas.

LE JEUNE HOMME

Voyez ! quelle est cette troupe qui approche de ce lieu? on dirait des déesses. Jamais nous n'avons contemplé de figures pareilles. Cette vue me saisit merveilleusement.

LE GÉNIE

Des lieux où les armes retentissent de leur cliquetis de fer ,

Page 1