‹ Theatre de Schiller;Chapitre 295 sur 335 · PLUSIEURS PALATINS · texte numérisé non relu

PLUSIEURS PALATINS

Moi aussi!

ODOWALSKY.

Et moi !

DES NONCES, vivemcHt^ les uns après Hes autres. Nous tous!

SAPIEHA

Gracieux seigneurs! pensez-y bien ! Qu'on ne précipite rien! Que la noble diète ne se laisse pas entraîner légèrement à. . . .

ODOWALSKY.

Il n'y a point ici lieu à réfléchir : tout est considéré. Les preuves parlent et sont sans réplique. Ce n'est point ici Moscou; la crainte d'un despote n'enchaîne point ici nos cœurs libres. Ici la vérité peut marcher la tête haute. Je me plais à croire , nobles seigneurs , qu'ici , à Cracovie , dans la diète même de Pologne, le czar de Moscou ne compte pas d'esclaves vendus.

Grâces vous soient rendues, Sérénissimes Sénateurs, pour avoir reconnu les signes de la vérité, et, si à vos yeux je suis réellement celui dont je prends le nom, oh! alors ne souffrez pas qu'un ravisseur insolent s'arroge mon héritage, et qu'il souille plus longtemps le sceptre qui m'appartient, à moi, au légitime czarowitsch

J'ai le droit, vous avez la puissance. C'est le grand intérêt de tous les États, de tous les trônes, que le fait soit conforme au droit , et que chacun en ce monde possède ce qui est à lui. Car, li où règne la justice, chacun se réjouit, sûr de son héritage, et sur chaque maison , sur chaque trône, plane la foi du pacte, comme un chérubin vigilant, .

Elle se nomme justice, l'industrieuse structure de la voûte de

ce monde, où tout l'ensemble maintient une seule pierre; une seule pierre, tout l'ensemble; où, avec une seule, tout croule et tombe

( Réponses des Sénateurs qui téjiioignerU hur adhésion à Démétnus.)

Oh! regarde-moi , glorieux Sigismond! roi puissant! Descends en toi-même et vois ton destin dans le mien! Toi aussi, tu as éprouvé les coups du sort. C'est dans une prison que tu vins au monde , ton premier regard tomba sur les murs d'un cachot. 11 te fallut un sauveur, un libérateur, pour t'élever, de la prison, au trône. Tu l'as trouvé. Tu as éprouvé la magnanimité, oh! exerce aussi la magnanimité envers moi

Et vous, illustres membres du sénat, vénérables évéques, colonnes de l'Église, glorieux palatins et castellans, voici le moment de réconcilier par une noble action deux peuples longtemps divisés. Acquérez la gloire de donner, par la puissance de la Pologne, aux Moscovites leur czar, et du voisin qui vous pressait en ennemi, faites-vous un ami reconnaissant.

Et vous, nonces de la Sérénissime République, bridez vos rapides coursiers ! sautez en selle ! les portes d'or de la fortune s'ouvrent à vous ; je veux partager avec vous la dépouille de l'ennemi. Moscou abonde en richesses ; le trésor du czar regorge d'or et de pierreries ; je puis récompenser royalement mes amis, et le veux faire. Quand j'entrerai en czar dans le Kremlin, alors, je la jure, le plus pauvre d'entre vous, qui m'aura suivi là, sera vêtu de velours et de zibeline; il couvrira ses harnais de riches perles , et l'argent sera le plus vil métal pour ferrer le sabot de ses chevaux. (7^ s'élève parmi les Nonces une grande agitaUon.)

KORELA, hetnum des Cosaques , se déclare prit à lui amener une

atynée»

ODOV^ALSKT.

LAisserons-nous le Gosaque nous ravir la gloire et le butin?

Nous sommes en paix avec le prince des Tartares et avec les turcs, nous n*avons rien à craindre du Suédois. Depuis long-

Page 1