‹ Théatre de sociétéChapitre 111 sur 113 · LA COMTESSE , LE BARON · texte numérisé non relu

LA COMTESSE , LE BARON

LE BARON

Eh bien ! madame , le chevalier vient de monter dans sa voiture , et part sans avoir demandé à me voir....

LA COMTESSE

Je lui ai parlé, et lui ai reproché l'indignité de ses procédés, avec cette autorité que la vertu ne peut jamais perdre , même sur le vice. Il m'a paru interdit, confondu , surtout lorsque je lui ai prouvé que, sentiment à part, vous étiez, par votre esprit et votre caractère , si fort audessus d'une méchanceté de ce genre; et qu'enfin tout ce ridicule qu'il avait prétendu jeter sur vous, ne pouvait retomber

que sur lui.

LE BARON

Qu'a-t-il répondu à cela....?

LA COMTESSE

Oh! rien, il était abattu, consterné....

LE BARON

A un tel excès qu'il n'a même pas osé

4nG LE MÉCHANT PATI AIR ,

m éciire.... Mais quel papier lencz-voiis

là...?

LA COMTESSE

Ah... ! il m'a prié de vous le remellre.... ( Elle le lui donne. ) Ce sont des billets de caisse....

LE BAROJN'.

Comment...?

LA COMTESSE

Oui, les soixante-dix louis que vous lui avez gagnes hier au quinze.

LE BARON

Moi... î je n'ai nulle idée...; mais voyons. (// ouvre V enveloppe. ) Ah^ ah... ! une lettre...! [Il lit.)

Que dites-vous ?

LE BARON, à part.

L'écriture de la comtesse... !

LA COMTESSE

Vous paraissez surpris... !

LE BARON, à part.

J'ai lieu de l'être en effet...»

LA COMTESSE

Que regardez- vous... ?

LE BARON, à part.

Avant de parler, achevons de nous éclaii^ cir....

LA COMTESSE

Mais que lisez-vous donc...?

LE ]jae;on.

Je veux voir si ces billets sont en bonne forme ....

LA COMTESSE

LA COMTESSE, s'approchant.

Quoi...! vous lisez une lettre...?

LE BAF,0]V.

11 est vrai... !

Ail le fourbe... ! il m'a trompé...; il avait apparemment un billet tout prêt.... Je suis sûre qu'il m'v calonmie ; et vous pouvez , baron....

LE BARON

Les bras m'en tombent...; mais achevons.

LA COMTESSE

Quelle colère se peint sur votre visage..! Ah! je vous en conjure,. montrez-moi sa lettre....

LE BARON, .îpart.

Oh l'abominable femme î quel comble de noirceur, de perfidie...!

LA COMTESSE

Je VOUS le répèle, montrez-moi sa Iclire, je suis certaine de pouvoir réfulejr

4o8 LE MÉCHANT PAU AIR,

dans le moment même tout ce qu'elle contient....

LE BARON, après avoir lu.

Cela n'est pas nécessaire, je suis pleinement convaincu qu'elle n'a été dictée que par la plus atroce méchanceté....

LA COMTESSE

Eh ! comment peut-elle vous faire une aussi profonde impression? vous paraissez hors de vous....

Je l'avoue...; et si je n'ai pas éclaté d'abord, c'est qu'en vérité je ne trouve point de termes qui puissent exprimer l'excès de ma surprise et de mon indignation.

LA COMTESSE

Calmez -vous, et songez que les méchans ne sont dignes que de mépris....

LE BARON

Fort bien ... ! mais aussi.. . . vous conviendiez qu'il serait doux de les punir autant qu'il est possible en les démasquant publiquement....

LA COMTESSE

\ous avez bien raison...; et même cette espèce de vengeance devient un devoir par l'uiiliié dont elle peut être à la société....

LE BARON

Je suis charmé que vous m'encouragiez.... car justement celle idée m'occupait depuis un quart d'heure.... Mais que nous veut Volsain...?

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