SCÈNE III
PAULINE, ROSE
ROSE , se rapprochant.
Qtjb diantre veut-il dire , avec son trait de lumière... !
PAULINE
Je n'en sais rien.... Je tremble.... je n'en puis plus.... ( Eille se jette sur un banc. ) ROSE.
Que grosse parole il avait en disant cela..! Il s'est en allé comme un effaré.... Eh ben, mam'selle, vous v'ià tout ahurie... !
PAULINE
J'ignore.... quelle est l'imprudence que j'ai commise...; mais j'en ai fait une sûrement.... J'ai un battement de cœur....
ROSE
Qu'est-ce qui a pu le courroucer si fort?
PAULINE
Hélas! je n'ai que des craintes, et pas une idée fixe.... Mais il avait l'air d'apprendre une nouvelle surprenante et terrible...! le son de sa voix était effrayant....
ROSE
Q)mme un tonnerre....
PAULINE
le frissonne encore quand j'y pense.
ROSE
C'est un vilain homme, de nous avoir fait peur comm^ça... !
PAULINE
Rose, allez-vous-en chez ma mère.
Hélas ! sa porte m'est défendue ! mais peutêtre qu'on vous laissera entrer; parlez-lui, contez-lui naïvement toutes mes fautes, tout ce qui nous est arrivé; demandez-lui de ma part qu'elle daigne m'eniendre ; allez, je vous en prie....
ROSE
Mais, mademoiselle, je ne veux point aller rapporter contre vous.
M'aider à réparer mes torts^ voilà, Rose, le dernier service q^e j'exigerai de vous : de grâce, ne me refusez pas. Mon enfant, je vous ai donné jusqu'ici de bien mauvais exemples ; ah ! puissiez-vous les oublier , et n'être désormais frappée que de mon repentir....
ROSE
Vous me fendez le cœur, mademoiselle. .. Mon Dieu, consolez- vous, allez dans votre chambre, car il est au moins dix heures....
icto LACIÏÏITEUSE,
La lune est lout-à faii cachée, nous allons avoir de l'orage.... On n'y voit plus goutte, voulez - vous que je vous donne le bras jusqu'à l'escalier?
PAULINE
Non, j'irai bien seule... Mais n'eniendsje pas du bruit...?
ROSE
Oui, quelqu'un vient.
PAULINE
Ne vois-je pas une lumière?
ROSE
Oui, vraiment ; mon Dieu ! j'ai peur.
PAULINE
Paix, taisons-nous. ( Elle écoute. )
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