SCENE V
LE CHEVALIER , ZÉLIE
LE CHEVALIER, après un moment Je silence.
Eh quoi ! charmante Zélie, c'est moi qui vous cause une frayeur si vive? Ah ! de grâce, daignez vous rassurer, daignez lever vers moi ces yeux si beaux , qui pourraient d'un seul regard me rendre le plus heureux des hommes.
ZÉLIE
Ma bonne ne vient point î
LE CHEVALIER
Que craignez-vous ? Hélas ! si je vous déplais, ordonnez, je vais m'éloigner....
ZÉLIE, à part.
Il est doux dans sa folie.... {Haut.) que 311C voulez-vous?
LE CHEVALIER
Je ne veux que vous voir, qu'élrc souffcTL par vousj ah! du moins, je ne mérile pas votre haine.
ZÉLIE
Mais je ne vous hais point.
222 ZÉLIEy
LE CHEVALIER
Elibien voilà tout ce que je désire...; et me pemiettez-YOUs de vous aimer uniquement?
ZELIE , en souriant.
Vous m'aimez uniquement ?
LE CHEVALIER
Vous riez....
ZÉLIE
Mais > en effet.. .^, l'assurance est assez comique.
LE CHEVALIER
Cruelle, vous en doutez....
ZÉLIE
Eh mon Dieu ! ne vous fâchez pas.
Et cette flamme si pure ne vous touchera t-elle jamais.... ?
ZÉLIE, à part.
Une flamme si pure ! Voici du nouveau...; mais où prend-il tout cela?
LE CHEVALIER
Vous gardez le silence , ingrate Zélie , voulez-vous me désespérer?
ZELIE , à part.
Ingrate , cruelle. Il me dit des injures à présent; il va devenir furieux... : si je pouvais m'échapper....
LE CHEVALIER
Vous VOUS troublez.... Ali! quelle serait ma félicité, si j'osais inierpréler celle émolion en ma faveur....
ZÉLIE
Interprétez-là comme il vous plaira , je ne demande pas mieux.
LE CHEVALIER, se jetant à ses pieds.
Ah Zélie... ! que cet instant est précieux pour moi ! recevez l'hommage d'un cœur qui se donne à vous pour la vie.
ZÉLIE
Que faites- vous...? que me demandez vous... ?
Que vous partagiez le sentiment que vous m'inspirez , ou que du moins vous m'en donniez l'espoir.
ZÉLIE
Relevez - VOUS donc, je vous en conjure.
LE CHEVALIER
Où puis-je être mieux qu'à vos pieds !
ZÉLTE , à part.
Le voilà dans le plus fort de son accès.. .j et ma bonne ne vient point!
LE CHEVALIER. (Il se relève. )
Vous paraissez inquiète, agitée..".. Eh
234 ZËLÎI?,
quoi! lie baniiirez-vous point celle injurieuse frayeur? C'est moi qui dois licniLler (levant vous ; vous êtes l'arbitre de ma destinée....
ZÉLIE
Calmez- vous ^ je vous en prie.
LE CHEVALIER
Les momens nous sont chers ; promettezmoi donc de ne point m'éviter, de ne point me fuir; et moi je vous jure la plus parfaite el la plus entière soumission.
ZÉLIE
Je vous le projnels.
LE CHEVALIEIJ. Ah Zélie! vous me ravissez.
ZÉLIE
Je suis charmée que vous soyez content.
LE CHEVALIER
Vous me rendez heureux au-delà de toute expression; mais cachons à tous les yeux celle heureuse intelligence.
ZÉLIE
Ah ! vous pouvez compter sur le secret.... {A part.) Le pauvre homme! il faut qu'il sente sa folie, cela fait pitié.
LE CHEVALIER
J'entends fuielqu'un; je vais renfermer
rOxMKDIE. 223
an fond de mon ame nia joie et mes transports.
ZÉLIE, à part.
Ah ! grâce au ciel , c'est ma bonne!
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