LE SOLDAT, ZÉLIE
LE SOLDAT, après un moment Je silence.
Cet entrelien va donc décider de mon son.... Je vais le remellre en vos mains, je vous en rends l'arbitre.... Vous allez me connaîire.... Hélas!
ZÉLIE
Vous paraissez tremblant , agité ; eh quoi ! craignez - vous de m'ouvrir votre cœur.... ?
LE SOLDAT
Je vais vous rappeler un souvenir douloureux....
ZËLIE.
A moi.... ^
LE SOLDAT
Avez-vousconservécjuelqueidéedel'objet malheureux qui vous donna la vie....?
ZÉLIE
Mon père , ô ciel ! l'auriez-vous connu. . . ?
LE SOLDAT
Oji vous a donc parlé de lui?
COMÉDiE. 265
ZÉLIE
Ah ! sa mémoire m'est à jamais précieuse et chère.. .j j'ai mille fois, de mes pleurs, arrosé son portrait , le seul bien qu'il m'ait ])u laisser.... Mais répondez... : auriez-vous été témoin de sa fin déplorable? Hélas! je savais sa mort, j'en ignorais les détails ; ne craignez pas de m'en instruire , vous m'en avez trop dit pour ne pas achever.
LE SOLDAT
Et s'il vivait ?
ZÉLIE
S^il vivait... ! Dieu... ! vous palissez, vos yeux se remplissent de larmes.... aurais je pu méconnaître un instant.... (//.9 se regardent en silence y le soldat lui tend les bras , Zélie en s'y précipitant : ) Ah ! j'en crois mon cœur , il ne peut me tromper.
LE SOLDAT
O ma fille.... !
ZÉLIE
Je succombe à Fexcès de ma joie. Mon père.... î quoi! vous êtes mon père? (^Elle tombe à ses genoux.) Cher auteur de mes jours , par quel miracle , par quel prodige m'êtes-vous rendu....? Que va