CLARICE , ZÉLIE , ARISTE
ARISTE, arrêtant Zi!iie.
Arrêtez, ma chère Zélie, arrêtez : ne voyez plus en moi votre persécuteur, venez embrasser le père de Sainvillc et le vôtre.
CLARICE
Ah ! je l'avais prévu.... ! ZELIE , à pai t.
Hélas...!
ARISTE
Quoi! vous pleurez encore! -
ZÉLIE
Ah monsieur ! si vous pouviez lire dans mon âme !
CLARICE
Heureuse Zélie ! ainsi donc dans ce jour rien ne manque plus à votre félicité; et vous, monsieur, en ne vous opposant plus au bonheur de Sainville, vous achevez de combler tous ses désirs , et vous le rendez le plus fortuné de tous les hommes.
COMEDIE. a;9
ZELIE , à part.
Quel enlrelien... ! Eh quoi ! ne pourrai-je m'échapper....
ARLSTE.
Les prières, les pleurs, la tendresse de^ Sainville, ont vaincu ma résistance; quel autre à ma place aurait pu ne pas céder...! Ah Zélieî sachez du moins à quel excès vous êtes aimée, et ne l'oubliez jamais....
ZÉLIE
Moi, l'oublier! grand Dieu... !
ARISTE
Oui, me disait -il en versant un torrent de larmes, elle est à moi, rien ne peut nous désunir; mais que je la tienne de vous, sovez son père comme vous fûtes le mien ; hélas! elle n'en a plus, d'aij^nez lui en servir; que conduite à l'hôiel par vous, une main si chère nous unisse l'un et l'autre... tels étaient ses discours....
ZELlEjà part.
De quels traits cruels il déchire mon cœur... ! Mais le temps s'écoule... î ( Haut à Ariste. ) Sainville.... où est Sainville maintenant?
ARISTE
11 est avec le notaire^ il viendra bientôt vous rejoindre....
28o ZÉLIE ,
ZELIE , à part.
Arrachons-nous d'ici..., ô mon père !
( Haut à Ariste. ) Je vais.... souffrez.... J'ai besoin d'être seule un moment — Pardonnez à l'état où je suis.... Pénétrée de vos bontés, liélas! si je n'y puis répondre..., n'accusez point un cœur.... qiii n'est plus
à lui-même {A part, en s'en allant. )
C'en est donc fait, ô ciel... ! cet instant me paraît le dernier de ma vie. ( Elle sort. )