‹ Théatre de sociétéChapitre 75 sur 113 · LE CHEVALIER, CLARICE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, CLARICE

LE CHEVALIER, h part, en entrant,

Je la vois. . . . Allons , il faut ici de l'audace et de l'adresse. (7/ s^ arrête. )

CLARICE

Approchez, approchez, cessez de fein-

nSc. ZÉLTE ,

<lr.^ nn cml)arras que vous n'éprouvez point. Pour rougir de ses loris, il faudrait les sentir ; et voire cœur....

LE CHEVALIER

Al) madame! j'attendais de vous plus de générosité...!

CLARICE

Tout esidoncéclairci...; el, grâce au ciel, je suis vengée; Zéiie, Ariste et le marquis ont enfin dévoilé vos inlri^ues secrètes.... Déjà vous êtes ici couvert des plus grands rlflicules, et bientôt vous allez devenir la faljJe du monde entier.

LE CHEVALIER

Je trouverai plus d'indulgence. Un égarement passager n'est pas un crime impardonnable. Sainville épouse Zélie; mais croyez-vous qu'au fond du cœur, Zélie y consente avec joie...? et, si j'en suis regretté, vous conviendrez que mon rôle est moins ridicule.

CLARICE

S'il n'est qu'odieux, vous êtes consolé.... En eflel , les titres de parjure, de perfide et d'ingrat ne font qu'ajouter à la gloire d'un homme à la mode; je l'avoue, vous avez raison... ; mais si Zélie , loin de vous

regretter, éiaii dans ce niomenl au comble de ses vœux...?

LE CHEVALIER

Je veux le croire ; d'ailleurs je n'ai jamais aimé Zclie : et en effet , l'on ne louche qu'autant qu'on est sensible.

CLARICE

Ah! cela devrait être; mais cependant vous aviez séduit mon cœur....

LE CHEVALIER

Et j'y conserve encore dès droits^ parce que je suis toujours le méhie.

CLARICE

Vous! des droits... !

LE CHEVALIER

Oui, nous sommes nés l'un pour l'auli'e; vous avez beau vous en défendre , la destinée, la sympathie , triompheront de votre

colère.

CLARICE

Mais je ne suis point en colère ; je vous vois tel que vous êtes, un peu ridicule, assez aimable, très-amusant; et, je vous assure , rjullemeni dangereux !

En défigurant ainsi mon portrait, songez que vous faites votre critique autant que la mienne.

â84 ZÉLIE ,

CLARICE

Pourquoi?

LE CHEVALIER

Parce que VOUS m'aimez toujours.

CLARICE

J'aime du moins votre fatuité , elle me divertit beaucoup.

LE CHEVALIER

Oui, la vanité trop souvent m'égara , je l'avoue j mais dans cet instant, l'amour seul me fait espérer un pardon sans lequel je ne puis vivre — ; et mon cœur n'ose l'implorer que parce qu'il se sent digne de l'obtenir.

CLARICE

Mais qu'entends-je ! quel bruit... !

LE CHEVALIER

Quel tumulte... !

CLARICE

Ab ! courons, allons nous informer....

COMÉDIE. i85

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