ACTE IV, SCENE V
DON GURITAX.
Vous 1 — raillez-vous, monsieur?
DON CÉSAR
Je suis don César.
DON GURITAN.
Quoi!
EucorV
DON CÉSAR
Sans doute, encor !
DON GURITAN.
Mon cher, quittez ce rôle, Vous m'ennuyez beaucoup si vous vous croyez drôle.
DON CÉSAR
Vous, vous m'amusez fort. Et vous m'avez tout l'air D'un jaloux. Je vous plains énormément, mon cher, Car le mal qui nous vient des vices qui sont nôtres Est pire que le mal que nous font ceux des autres. J'aimerais mieux encore, et je le dis à vous, Être pauvre qu'avare et cocu que jaloux. Vous êtes l'un et l'autre au reste. Sur mon ame, J'attends encor ce soir madame votre fenmie.
DON GURITAN.
Ma femme !
DON CÉSAR
Oui , votre femme 1
DON GURITAN.
Allons! je ne suis pas Marié.
DON CÉSAR
Vous venez faire cet embarras!
Point marié! Monsieur prend depuis un quart d'heure L'air d'un mari qui hurle ou d'un tigre qui pleure, Si bien que je lui donne, avec simplicité, Un tas de bons conseils en cette qualité !
1«J4 RUV BLAS.
Mais si vous n'êtes pas marié , par Hercule , De quel droit ètes-vous à ce point ridicule ?
DON GURITAN.
Savez-vous bien, monsieur, que vous m'exaspérez?
DON CÉSAR
Bah:
DON GURITAN.
Que c'est trop fort 1
DON CÉSAR
Vrai?
DON GURITAN.
Que vous me le paîrez 1
DON CÉSAR
Il examine d'un air goguenard les souliers de don Gurltan, qui disparaissent sous des flots de rubans selon la nouvelle mode.
Jadis on se mettait des rubans sur la tête. Aujourd'hui, je le vois, c'est une mode honnête, On en met sur sa botte. On se coiffe les pieds. C'est charmant!
DON GURITAN.
Nous allons nous battre !
DON CÉSAR, impassible.
Vous croyez?
DON GURITAN.
Vous n'êtes pas César, la chose me regarde , Mais je vais commencer par vous.
DON CÉSAR
Bon. Prenez garde De finir par moi.
DON GURITAN.
Il présente une des deux épées.
Fat ! sur-le-champ !